Cancer

Tumeurs malignes de l'oeil

Il s'agit de tumeurs conjonctivales, palpébrales et orbitaires. Les cancers de l’œil nécessitent une prise en charge multidisciplinaire pour optimiser les chances de guérison.

  • Les tumeurs des paupières sont représentées par les carcinomes basocellulaires de loin les plus fréquents et qui dans la plupart des cas ont un excellent pronostic. Ces tumeurs ont une malignité locale mais ne font pas de métastases. La prise en charge chirurgicale initiale est le traitement de référence. Réalisée précocement elle permet de guérir le patient avec des séquelles chirurgicales minimes. Dans les formes plus évoluées, une chirurgie plus large avec reconstruction immédiate de la paupière est recommandée. Les résultats histologiques sont discutés en RCP. Les formes très évoluée localement peuvent également bénéficier d’une radiothérapie ou dans certains cas d’une thérapie ciblée.
  • D’autre tumeurs malignes de la paupière sont plus rares et plus agressives, pouvant donner des métastases sont le carcinome épidermoïde, sébacé ou les tumeurs de Merkel. Ces tumeurs sont le plus souvent traitées par une association de chirurgie et de radiothérapie. Elles bénéficient là aussi de l’approche multidisciplinaire et des avancées biologiques récentes.
  • Les tumeurs malignes de la conjonctive sont représentées par les lymphomes, les dysplasies sévères et carcinomes conjonctivaux, les mélanoses précancéreuses et mélanomes de la conjonctive. Ces lésions sont rares mais potentiellement graves et justifient d’une prise en charge précoce et adaptée. Les carcinomes conjonctivaux sont des tumeurs épithéliales dont le pronostic dépend de la taille initiale, des chirurgies préalables, du nombre de rechutes locales ainsi que de l’agressivité histologique. Lorsque la tumeur est bien prise en charge par une association de chirurgie et de radiothérapie par disque ou par proton on peut obtenir un excellent contrôle local avec peu de séquelles oculaires et prévenir le risque de rechute ganglionnaire et de métastases. Ces tumeurs peuvent également bénéficier d’une chimiothérapie ou d’une immunothérapie (Interféron alfa 2b) en collyre en complément.
  • Les mélanomes de la conjonctive sont des tumeurs malignes agressives. Ils sont proches des mélanomes cutanés bien que beaucoup plus rares. Ces tumeurs surviennent le plus souvent sur un état précancéreux appelé mélanose de Reese ou sur dégénérescence d’un naevus ancien voire de novo. La tumeur est généralement pigmentée, de croissance rapide chez un sujet à peau claire autour de 50 ans. La prise en charge nécessite un centre spécialisé et le traitement repose sur une exérèse chirurgicale suivie d’une radiothérapie complémentaire dont les modalités sont discutées en RCP. La recherche de mutations (BRAF, RAS, KIT) permet de guider en cas de métastases un traitement par thérapie ciblée ou immunothérapie approprié. Le mélanome conjonctival fait l’objet de recherche sur les mutations retrouvées au sein des tumeurs.
  • Le lymphome de la conjonctive est le plus souvent un lymphome de bon pronostic associé aux muqueuses (lymphome de type MALT). Il existe des formes plus rares et plus agressives. Le diagnostic se fait par une simple biopsie, la prise en charge est ensuite discutée en RCP avec les hématologues et les radiothérapeutes.
  • Les tumeurs de l’orbite sont rares et beaucoup plus polymorphes. On rencontre tous les types de tumeurs au niveau de l’orbite. Le diagnostic repose souvent sur la biopsie ou biopsie exérèse analysée par un anatomopathologiste aguerri.
  • Les tumeurs malignes de l’œil proprement dit sont représentées par les tumeurs primitives (rétinoblastome chez l’enfant, mélanome de la choroïde, lymphome oculaire primitif chez les adultes) et les métastases choroïdiennes provenant d’un cancer situé ailleurs (sein, poumon, colon…). Le diagnostic est posé par un ophtalmologiste spécialisé dans les tumeurs oculaires sur des arguments cliniques et échographiques. Une biopsie toujours de réalisation délicate dans un oeil n’est proposée que dans certains cas de diagnostic difficile.

Source: https://curie.fr/page/tumeurs-malignes-de-loeil

Mélanome de l'uvée

Le mélanome de l'uvée, qu'est-ce que c'est ?

 

  • Il peut survenir de novo ou par dégénérescence d’un naevus choroïdien. C’est pourquoi les patients chez qui on découvre un naevus choroïdien de grande taille bénéficient en général d’une surveillance régulière du fond d’œil.
  • Le mélanome de l’œil peut être découvert lors d’un examen de routine du fond d’œil ou à l’occasion de troubles visuels récents: baisse de l’acuité visuelle, tâche dans le champ visuel (scotome), éclairs lumineux, amputation du champ visuel (décollement de rétine).
  • Les tumeurs postérieures et à cheval sur l’équateur peuvent être traitées par protonthérapie : le chirurgien repère la tumeur et met en place des clips de tantale qui serviront à guider le faisceau de protons. Une ponction à l’aiguille fine est réalisée lors de l’intervention chaque fois que cela est possible pour mieux caractériser la tumeur sur le plan biologique. Une endorésection (ablation chirurgicale du tissu tumoral cicatriciel) est parfois réalisée après la protonthérapie pour éviter les complications, en particulier le glaucome neovasculaire. Pour les petites tumeurs antérieures, un traitement par curiethérapie à l’iode 125 peut être proposé. Ces traitements par radiothérapie permettent un contrôle local de la tumeur dans 95 % des cas. Une surveillance prolongée de la cicatrice oculaire est indispensable. Des complications (cataracte, glaucome, rétinopathie radique) sont possibles et nécessitent une prise en charge ophtalmologique.
  • L’énucléation ou ablation chirurgicale de l’œil est réservée aux tumeurs les plus volumineuses.
  • Un bilan d’extension est nécessaire pour rechercher des métastases à distance, notamment dans le foie

Source: https://curie.fr/page/melanome-de-luvee

Le cancer du sein

Le cancer du sein est une tumeur qui se développe à partir des cellules constituant la glande mammaire. Il existe plusieurs types de tumeurs.

  • On parle de carcinome in situ si les cellules cancéreuses sont confinées au niveau des canaux ou des lobules du sein. Si les cellules cancéreuses ont traversé la membrane dite "basale" des canaux ou des lobules et ont envahi les tissus avoisinants, il s'agit d'un carcinome infiltrant. Les cellules cancéreuses peuvent se propager soit dans les ganglions situés sous l'aisselle, soit par voie veineuse.
  • Les progrès de la recherche permettent aujourd’hui de distinguer trois grands types de tumeurs : le cancer de type luminal A ou B, le cancer de type HER2 et le cancer de type basal-like.
  • Deux gènes de prédisposition au cancer du sein ont été identifiés, nommés BRCA1 et BRCA2. 60 000 femmes seraient porteuses de l’une de ces deux mutations génétiques. Elles peuvent être transmises par n’importe lequel des deux parents et augmentent considérablement le risque de développer, un jour, un cancer du sein ou de l’ovaire. Un suivi adapté est proposé aux femmes identifiées comme porteuses de l’une de ces mutations.

Le traitement du cancer du sein dépend de l’étendue du cancer au moment du diagnostic. Il comprend généralement l’ablation de la tumeur (ou du sein lorsque le cancer s’est propagé), voire des ganglions afférents. Aujourd’hui, la technique du ganglion sentinelle (le fait de prélever le ganglion le plus proche du sein) permet de déterminer lors de l’opération s’il faut ou non retirer toute la chaîne ganglionnaire. La chirurgie est souvent complétée par de la chimiothérapie et de la radiothérapie.

Source: https://curie.fr/page/le-cancer-du-sein

Cancer du poumon

Le cancer du poumon représente 46 363 nouveaux cas en 2018 en France, soit 15% de tous les nouveaux cas de cancers. Chez l’homme il représente la 2e cause de cancer, après la prostate, avec 31 231 cas en 2018 et la 1e cause de mortalité par cancer. Chez la femme il représente la 3e cause de cancer, après le cancer du sein et le cancer colo-rectal, avec 15 132 nouveaux cas en 2018.

Le tabagisme est un des principaux facteurs de risque mais le cancer peut survenir chez des patients qui n’ont jamais fumé. D’autres facteurs peuvent être en cause : des expositions professionnelles (l’amiante), le cannabis ou la pollution atmosphérique.

On distingue deux principaux types de cancers du poumon : les cancers à petites cellules et les cancers non à petites cellules. Ces derniers sont classés en adénocarcinome, carcinome épidermoïde ou carcinome indifférencié.

On différencie les cancers non à petites cellules selon les altérations génétiques au niveau de la tumeur ; certaines de ces altérations doivent systématiquement être recherchée, car elles vont prédire l’efficacité biothérapies ciblées.

L’immunothérapie est un traitement dont l’objectif est de stimuler la réponse immunitaire du patient contre les cellules cancéreuses, et fait partie de l’arsenal des traitements des cancers du poumon.

Ainsi, le cancer du poumon est une entité multiple dont le pronostic et les traitements seront très différents d’un patient à l’autre car de plus en plus adaptés aux caractéristiques de la tumeur et du patient lui-même : c’est le principe de la personnalisation de la prise en charge.

Des progrès ont été établis dans toutes les disciplines de la cancérologie, nécessitant une collaboration étroite entre toutes les spécialités : pour le diagnostic, avec le progrès en imagerie (comme la tomographie par émission de positons), en biologie avec une caractérisation précise des altérations moléculaires, ou en radiologie interventionnelle (radiofréquence) ; pour le traitement, avec la chirurgie mini-invasive ou la chirurgie à plusieurs équipes, la radiothérapie conformationnelle et stéréotaxique ou les thérapies ciblées et l’immunothérapie.

Sarcomes des tissus mous

Qu'est-ce qu'un sarcome des tissus mous

  • Il n’existe en réalité par un mais DES sarcomes des tissus mous. Cette tumeur se développe dans les tissus de soutien des membres  ou du tronc ou la paroi des organes de l’abdomen. On dénombre une cinquantaine de sous-types de sarcomes très différents.
  • Les sarcomes représentent environ 1 % de l’ensemble des cancers en France, soit 4000 à 5000 patients par an. Environ 55 % des sarcomes sont situés au niveau des membres, 45 % dans les régions profondes du tronc et de l’abdomen et 5 % au niveau de la tête et du cou.
  • La vitesse de progression de ces tumeurs dépend de leur grade : rapide s’il est élevé, mais très lente si le grade est bas. Elles se caractérisent également par des volumes importants, avec des diamètres qui atteignent parfois plusieurs dizaines de centimètres. Contrairement à une idée reçue, la taille de la tumeur n’est pas un facteur pronostic mais complique l’opération.
  • Les symptômes ne sont pas toujours très parlants. Dans l’abdomen, ils sont liés à la compression qu’elle provoque : toussotements, augmentation du périmètre abdominal, douleurs vagues, etc. Dans les membres, palpation d’une masse indolore, ce qui peut entraîner des erreurs (diagnostic d’hématome, de tumeur bénigne, etc.).
  • Le diagnostic repose sur les examens d’imagerie (IRM pour les tumeurs des membres et scanner pour la zone abdominale) et sur la micro-biopsie. Le diagnostic peut être difficile à poser : il est recommandé de se rendre dans un centre expert tel que l’Institut Curie, de façon à faire le diagnostic et à proposer un traitement adapté dès le début.
  • Le traitement des sarcomes primitifs repose sur l’ablation de la tumeur. Cette chirurgie est très spécifique et de nombreuses études internationales ont démontré que l’expérience du chirurgien est fondamentale. Selon la nature, le stade et la localisation de la tumeur, elle peut être complétée par de la radiothérapie et/ou de la chimiothérapie.
  • Avec une prise en charge optimale, 75 % des patients sont toujours en vie 5 ans après le diagnostic. Mais il est crucial de consulter d’emblée un spécialiste des sarcomes : si la chirurgie est mal réalisée, il devient alors difficile de « rattraper » la situation et les chances de survie sans récidive diminuent.

Source: https://curie.fr/page/les-sarcomes

Cancers de la peau

Le terme de cancer de la peau recouvre deux types de tumeurs cutanées distinctes :

  • les carcinomes baso- ou spino- cellulaires (appelés aussi cancers épithéliaux) qui touchent les cellules épithéliales productrices de la kératine. Les formes basocellulaires sont de loin les plus fréquentes avec environ 70% des cas, soit près de 100 000 cas diagnostiqués chaque année en France. Ce sont des tumeurs de bons pronostics. Le traitement consiste généralement en une ablation chirurgicale. En cas d’exérèse incomplète, il existe un risque de récidive local. En revanche ces tumeurs ne donnent pas lieu à des métastases.
  • le mélanome qui atteint les cellules fabriquant la mélanine. En 2015, on estime à plus de 14 000 mélanomes de la peau diagnostiqués en France (source INCa).

Les cancers de la peau qui touchent aussi bien les hommes que les femmes ont vu leur incidence augmenter depuis 1980. Cette augmentation est très certainement due à l’engouement suscité par l’exposition au soleil. En effet l’exposition aux rayonnements UV est un facteur de risque avéré de survenue des cancers de la peau.

Alors que les carcinomes semblent plutôt résulter d’une exposition prolongée au soleil, une forte exposition de type coup de soleil, d’autant plus pendant l’enfance favorise le développement des mélanomes.

Si ces dernières années un léger ralentissement de l’incidence semble observer, elle peut très certainement s’expliquer par la multiplication des messages de prévention et l’utilisation de plus en plus fréquente des protections solaire qu’elles soient physiques (chapeau, T-shirt...) ou chimique (crème solaire).

Le dépistage précoce est l’un des atouts majeurs dans le traitement du mélanome de la peau. Chaque année, le syndicat des dermatologues organise une journée de sensibilisation. Plus le traitement est précoce, plus les chances de guérison sont élevées.

Par ailleurs, il existe aussi des signes dont il faut se méfier et chacun peut surveiller sa peau. Le mélanome se présente habituellement sous la forme d’une tache pigmentée (brune ou noire) plate. Dans 15 à 20 % des cas, il apparaît au niveau d’un grain de beauté dont l’aspect se modifie. Tout grain de beauté ou tâche noire qui se modifient sur la peau doit inciter à consulter un dermatologue. C’est seulement après cette première consultation et s’il existe un risque que le médecin peut vous orienter vers l’Institut Curie.

Source: https://curie.fr/page/le-cancer-de-la-peau

Cancers digestifs

Avec plus de 42 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année en France, les cancers du côlon et du rectum sont de loin les plus fréquents des cancers primitifs du tube digestif. Cette grande fréquence justifie la mise en place, depuis quelques années, d’un dépistage systématique chez les sujets âgés de 50 ans à 74 ans (au même titre que le cancer du sein chez les femmes). En l’absence de facteurs de risque particuliers, ce dépistage est basé sur la recherche tous les 2 ans, d’une hémorragie microscopique dans les selles suivie, en cas de positivité, de la réalisation d’une coloscopie.

La fréquence des cancers du pancréas a beaucoup augmenté au cours des dernières décennies. Ils sont maintenant au second rang des cancers digestifs, devant les cancers de l’estomac et de l’œsophage. Les cancers primitifs de l’intestin grêle sont exceptionnels.

Les cancers primitifs du foie sont rares et compliquent généralement l’évolution d’une maladie hépatique sous-jacente. Les sujets atteints de cirrhose, dont il existe différentes causes, sont les plus à risque. Il peut aussi exister dans le foie des tumeurs que l’on appelle métastases hépatiques car elles viennent d’un autre cancer qui à diffuser au foie. Elles sont plus fréquentes que les cancers primitifs du foie. Elles peuvent être isolées ou associées à l’atteinte d’autres organes ( ex : poumon) et/ou du péritoine (on parle alors de carcinose péritonéale).

Source: https://curie.fr/page/les-cancers-digestifs

Cancers ORL

Il existe plusieurs types de cancers ORL. On les classe généralement en fonction de l’emplacement de la tumeur.

  • Cavité buccale : langue, mâchoire, plancher de la bouche, joue, palais, lèvres.
  • Oropharynx : amygdale, voile du palais, base de langue, vallécule.
  • Larynx : cordes vocales, épiglotte, bandes ventriculaires, sous-glotte.
  • Hypopharynx et margelle laryngée : sinus piriforme, paroi postérieure pharyngée, région rétro- aryténoïdienne, bouche de l'œsophage.
  • Massif facial : nez, fosse nasale, sinus de la face, base du crâne, orbite, fosse infratemporale.
  • Nasopharynx : région située en arrière des fosses nasales et des sinus de la face.
  • Glandes salivaires : parotide, glandes salivaires principales et accessoires
  • Tumeurs de la thyroïde.
  • Tumeurs cutanées de la face et du cou.
  • Sarcomes et autres tumeurs rares ou exceptionnelles.

Les facteurs de risque sont clairement identifiés. Au premier rang : le tabac, l’alcool, mais aussi certains virus comme le papillomavirus (HPV). Les cancers faisant suite à une infection HPV touchent essentiellement l’oropharynx, en particulier les amygdales et la base de la langue. Contrairement aux autres cancers ORL, les hommes et les femmes sont concernés à proportion égale. Alors que généralement les cancers ORL surviennent autour de 60 ans, ceux survenant suite au virus HPV, se développent dès 40-45 ans, mais ils sont de meilleur pronostic.

D’une manière générale, la guérison des cancers ORL dépend du caractère localisé ou au contraire étendu des lésions.

Source: https://curie.fr/page/les-cancers-orl

Tumeurs du système nerveux et de la base du crâne

Que sont les tumeurs primitives du système nerveux central et de la base du crâne ?


Parmi les tumeurs se développant au niveau du cerveau et dans la moelle épinière il faut tout d’abord distinguer les tumeurs primitives initialement développés dans le système nerveux central, des métastases cérébrales qui surviennent secondairement chez des patients qui présentent déjà un cancer situé dans un autre organe (sein, poumon, rein, mélanome…).

L’Institut Curie est le centre de référence pour ces tumeurs et a développé une expertise pluridisciplinaire intégrant le diagnostic et la prise en charge thérapeutique. 

Les tumeurs primitives du système nerveux central de l’enfant, de l’adolescent et du jeune adulte
Ce sont des tumeurs rares pour lesquelles la classification est en pleine évolution et s’appuie sur l’anatomopathologie et la biologie moléculaire. La stratégie thérapeutique de prise en charge est personnalisée et inclut selon les cas : chirurgie, chimiothérapie, thérapie ciblée, radiothérapie de haute précision par rayons X ou par faisceaux de protons.

Les tumeurs primitives malignes du système nerveux central chez l’adulte

  • Les tumeurs malignes primitives du système nerveux central sont principalement représentées chez l’adulte par les tumeurs gliales, de bas grade et de haut grade.
  • Des tumeurs rares telles que les médulloblastomes, les épendymomes, les tumeurs germinale intracrâniennes, les tumeurs de la région pinéale, sont observées plutôt chez le jeune adulte mais peuvent apparaître à tout âge
  • Les lymphomes cérébraux primitifs sont rares. L’Institut Curie coordonne avec l’AP-HP le réseau expert national de ces tumeurs.

Les tumeurs primitives bénignes du système nerveux central chez l’adulte
Elles se développent en particulier dans la région de la glande hypophyse  tels que

  • les craniopharyngiomes,
  • les adénomes hypophysaires
  • les méningiomes

Elles bénéficient des approches complémentaires à la neurochirurgie utilisant les technologies de haute précision en radiothérapie, par rayons X ou par faisceaux de protons qui optimisent la protection des tissus normaux environnants ces tumeurs bénignes.

Les tumeurs primitives de la base du crane 
A point de départ souvent osseux, les tumeurs de la base du crâne telles que les chordomes, les chondrosarcomes et les ostéosarcomes requièrent une expertise pour leur traitement local partagée entre les radiothérapeutes de l’Institut Curie et les neurochirurgiens. Leur exérèse est délicate, le plus souvent incomplète et la radiothérapie post-opératoire est nécessaire. Souvent résistantes, elles requièrent un niveau de dose élevé pour obtenir le contrôle la maladie ce qui rend nécessaire l’utilisation de techniques de haute précision telles que la protonthérapie, traitement de référence.

Source: https://curie.fr/page/les-tumeurs-du-systeme-nerveux-central-et-de-la-base-du-crane

Cancers gynécologiques

Les différents types de cancers gynécologiques
Cancers de l’endomètre, du col de l’utérus et de l’ovaire ou des trompes sont les trois principales localisations de cancers de l’appareil génital féminin qui touchent près de 15 000 nouvelles femmes chaque année en France. Les cancers de la vulve et du vagin sont quant à eux beaucoup plus rares.

Cancer de l’endomètre
C’est le plus fréquent des cancers gynécologiques : il se développe au niveau du corps de l’utérus (par opposition au col). 7 300 femmes ont été diagnostiquées pour un cancer de l’endomètre en 2012 (dernier chiffre officiel de l’Institut national du cancer). Ce cancer survient le plus souvent entre 60 et 70 ans, avec un pic d’incidence à 68 ans.

L’obésité, le diabète et un taux d’œstrogènes supérieur à la moyenne (hyperœstrogénie relative) augmentent le risque de survenu du cancer de l’endomètre. Dans 6 % des cas, il survient dans un contexte familial associé à un syndrome de Lynch : les femmes atteintes de cette maladie génétique présentent un risque élevé de développer un cancer de l’endomètre, mais aussi de cancer du côlon, de l’ovaire et des voies biliaires et urinaires.

C’est un cancer de bon pronostic à un stade localisé et la mortalité liée à ce cancer tend à diminuer ces dernières années. Son traitement consiste en une chirurgie associée ou non à une radiothérapie selon le stade et une chimiothérapie pour les formes avancées.

Cancer de l’ovaire
Le cancer de l’ovaire a touché 4 600 femmes en 2012, à un âge médian de 65 ans. Dans 5 % à 10 % des cas, il survient dans un contexte de prédispositions génétique : Les femmes porteuses d’une mutation du gène BRCA 1 ou 2  ont un risque plus élevé de développer un cancer de l’ovaire. Dans ce cas, la maladie peut apparaître plus tôt, vers 50 ans. Un suivi adapté est proposé aux femmes prédisposées afin de détecter au plus tôt une lésion. Une ablation préventive des ovaires et des trompes peut également leur être envisagée.

Le cancer de l’ovaire est souvent diagnostiquée tardivement, à un stade avancé, car il est « silencieux » ou se manifeste par des symptômes peu spécifiques : douleurs, saignements, troubles du transit et pesanteur dans le bas-ventre. Il est diagnostiqué par un examen d’imagerie et le dosage d’un marqueur appelé CA 125 dans le sang, qui permet également de suivre l’évolution de la maladie. Lorsque la maladie est peu étendue, le traitement consistera en une chirurgie retirant les ovaires, l’utérus, les différentes chaînes ganglionnaires et toute autre lésion visible. Cette chirurgie est suivie dans la grande majorité des cas d’une chimiothérapie. Si le cancer est disséminé, une chimiothérapie peut être réalisée en première intention, pour réduire la taille et le nombre de lésions. Elle est suivie d’une chirurgie pour retirer toutes les lésions.

Cancer du col de l’utérus
3 000 femmes sont diagnostiquées pour un cancer du col de l’utérus chaque année. Sa fréquence est en diminution constante depuis 20 ans, grâce au dépistage régulier par frottis, qui permet de détecter des lésions précancéreuses. Dans 95 % des cas, ces lésions précancéreuses résultent d’une infection par un papillomavirus (HPV) transmise sexuellement 15 à 20 ans plus tôt. C’est pourquoi on propose désormais aux jeunes filles entre 11 et 14 ans une vaccination contre ce virus.

Toutefois ce cancer reste associé à une mortalité importante : 1 100 décès en 2012, alors que les lésions précancéreuses peuvent être retirées avant qu’elles ne deviennent cancéreuses par « conisation , soit l’ablation du cône du col portant les lésions .

Pour les cancers peu avancés, une chirurgie est pratiquée pour enlever l’utérus et les ganglions pelviens. Chez les femmes jeunes ayant un désir de grossesse et dont le cancer est peu évolué, on peut proposer un traitement préservant la fertilité.

Dans les formes avancées, le traitement repose sur l’association d’une radiothérapie et d’une chimiothérapie, parfois suivie d’une chirurgie.

Les cancers gynécologiques, plus rares
Le cancer de la vulve et du vagin représente moins de 5 % des cancers féminins. Il survient majoritairement chez les femmes ménopausées, vers 70 ans en moyenne. Il est généralement précédé par une phase précancéreuse, faisant suite à une maladie de peau préexistante, le lichen scléreux, ou à une infection par le virus HPV. Détectées précocement, les lésions précancéreuses peuvent être éliminées par une exérèse, ou des médicaments pour les infections par HPV. Le traitement des formes cancéreuses repose en première intention sur la chirurgie, parfois accompagnée d’une radiothérapie. La survie pour ce cancer est excellente si la maladie n’a pas atteint les ganglions lymphatiques.

Source: https://curie.fr/page/les-cancers-gynecologiques

Cancers urogénitaux

Les cancers urogénitaux
Les cancers urogénitaux sont variés car regroupent les atteintes tumorales notamment du rein et de la vessie, et chez l’homme, de la prostate et du testicule. Ils recouvrent des réalités très différentes. Les stratégies de prise en charge sont adaptées à chaque patient et déterminées en réunion de concertation pluridisciplinaires.

  • Le cancer de la prostate est le plus fréquent (70 000 nouveaux cas / an en France). Il survient chez les hommes le plus souvent après 65 ans mais sa mortalité reste faible avec l’obtention fréquente de la guérison ou d’un contrôle prolongé d’une maladie dont l’évolution est devenue chronique. Il est suspecté lors d’une augmentation du taux d’antigène spécifique prostatique (PSA) dans le sang, puis diagnostiqué par des examens complémentaires (biopsies et IRM). Ces éléments, couplés à l’examen clinique, permettent aussi de préciser le stade et l’agressivité de la tumeur. Selon ces critères, l’intensité des symptômes, l’état de santé général et l’âge du patient, il peut être proposé plusieurs attitudes, allant de la simple surveillance vers un traitement d’intention curative par chirurgie, radiothérapie et-ou hormonothérapie. La chimiothérapie étant plutôt indiquée dans les formes évoluées et/ou métastatiques. Parfois, il peut exister un choix entre les différents traitements et les préférences du patient sont prises en compte.
  • Autre cancer masculin, beaucoup plus rare, le cancer du testicule (un peu plus de 2 300 cas/an en France) est le plus fréquent chez l‘homme jeune entre 20 et 30 ans. La guérison définitive est obtenue dans plus de 96 % des cas. C’est l’apparition d’une tuméfaction ou de l’augmentation de volume de l’un des testicules qui amène le patient à consulter. Le médecin procède pour le diagnostic à la palpation des testicules, à une échographie des testicules et une recherche de marqueurs sanguins. Le retrait chirurgical du testicule atteint est le traitement initial. Avant cette intervention, il sera proposé par précaution d’effectuer un recueil de sperme avec sa conservation « en banque » après congélation. D’autres thérapies peuvent compléter le plan de traitement : chimiothérapie, voire radiothérapie ou chirurgie des masses abdomino-pelviennes ou des ganglions résiduels.
  • Le cancer du rein (environ 10 500 cas / an) touche deux fois plus les hommes que les femmes et le plus souvent après 65 ans. Il est parfois diagnostiqué de façon fortuite, lors d’un examen d’imagerie pratiqué pour une autre raison. Le médecin établira le diagnostic après un examen clinique et un scanner abdominal. Les traitements font appel à la chirurgie et à la chimiothérapie. Il existe des formes familiales de cancer du rein ; une analyse génétique est donc souvent pratiquée lorsque la maladie est diagnostiquée chez une personne de 30 ou 40 ans. Si une prédisposition héréditaire est repérée, les membres de la famille pourront être étroitement surveillés.
  • Le cancer de la vessie (près de 12 000 cas/an en France) est en grande partie lié au tabagisme et à l’exposition à certains produits toxiques utilisés dans l’industrie. Il touche quatre fois plus les hommes que les femmes, majoritairement autour des 70 ans. La part des femmes concernées croît en raison de l’augmentation de leur tabagisme. L’élément qui fait souvent suspecter un cancer de la vessie est la présence de sang visible dans les urines. L’envie d’uriner fréquemment et les brûlures urinaires sans infection urinaire ni calculs, sont des signes plus tardifs. Les examens de diagnostic sont l’échographie de l’appareil urinaire, l’analyse d’urines et l’exploration de la vessie par cystoscopie qui peut être suivie d’une résection chirurgicale par les voies naturelles, dans un but diagnostique et parfois de traitement. Plusieurs types de traitements sont disponibles selon chaque cas : chirurgie (retrait de la vessie, confection d’une néo-vessie ou mise en place d’une poche extérieure), chimiothérapie ou des traitements plus ciblés par immunothérapie ou encore radiothérapie.

Source: https://curie.fr/page/les-cancers-urogenitaux

Cancer chez les personnes agées

La pathologie cancéreuse est particulièrement fréquente dans la population âgée, avec un risque évolutif  non négligeable pour certains cancers. Il n’y a pas d’âge officiel déterminé à partir duquel on parle de « personne âgée ».  Le curseur est souvent placé à 70-75 ans en cancérologie, sachant que l’âge physiologique est plus important à considérer que l’âge civil. Avec l’âge, d’autres problèmes de santé  ou handicaps peuvent survenir, et compliquer la prise en charge du cancer.

Si tous les traitements peuvent être envisagés, ils doivent être adaptés à l’âge physiologique des patients et à leur état de santé global. Le recours aux traitements standards n’est pas toujours possible.

Une évaluation de l’état de santé général de la personne âgée est réalisée en étroite collaboration avec un gériatre qui explore plusieurs domaines : médical, neuropsychologique, socio environnemental et spirituel. Cette évaluation détermine les capacités de la personne à tolérer les traitements anti-cancéreux envisagés quels qu’ils soient : chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, thérapie ciblée, immunothérapie. C’est ce qu’on appelle « l’évaluation gériatrique approfondie (EGA) ».

L’EGA est tout aussi capitale que l’analyse précise de la tumeur pour aboutir à une prise en charge globale personnalisée.

Cette évaluation n’est pas systématique. Elle est particulièrement indiquée en cas de fragilité dépistée, et notamment  quand les traitements envisagés sont à risque d’effets secondaires importants (par exemple chimiothérapie ou chirurgie lourde).

Source: https://curie.fr/page/le-cancer-chez-les-personnes-agees

Progresser grâce à la recherche

L’objectif aujourd’hui est de guérir toujours plus d’enfants, tout en limitant au maximum les effets secondaires. Pour y parvenir, il faut multiplier les essais cliniques, explique le Dr Olivier Delattre.


Le combat contre les cancers de l’enfant est bien engagé mais encore loin d’être gagné
"En recherche fondamentale nous tentons de comprendre la manière dont se développent les tumeurs, en particulier leurs liens avec le développement de l’enfant, explique le Dr Olivier Delattre, directeur délégué à la recherche biomédicale du Centre de Recherche de l’Institut Curie. Aujourd’hui, près de 80% des enfants guérissent de leur cancer. Tout l’enjeu est d’en guérir toujours plus et avec le moins de séquelles possibles. Notre objectif est d’améliorer la prise en charge clinique en mettant en œuvre des essais thérapeutiques notamment"

Avantage de l’Institut, la proximité entre recherche et hôpital permet à des cliniciens de travailler dans des unités de recherche. Grâce à ce mode de fonctionnement, les interactions génétiques, le risque évolutif des tumeurs et leur modélisation sont de mieux en mieux cernés.

Proposer aux enfants atteints d'un cancer des traitements toujours plus innovants
Fortes sur le site de Paris, les recherches en oncopédiatrie se développent aussi sur le site d’Orsay de l’Institut Curie :

  • deux groupes de recherche travaillent en lien étroit avec le centre de Protonthérapie afin d’optimiser les traitements destinés aux enfants ;
  • les chimistes étudient les approches de photosensibilisation pour le rétinoblastome.

"Le département de recherche translationnelle est à pied d’œuvre pour faire le lien entre recherche fondamentale et recherche clinique, en particulier dans la création de biomarqueurs permettant de préciser le risque d’évolution de la tumeur à un instant T. Il conditionne la nature et l’intensité du traitement délivré à l’enfant et donc sa survie"

précise le Dr Delattre.

Il héberge notamment une équipe de Recherche Translationnelle en oncologie pédiatrique, financée par le SiRIC, dont l’objectif est d’améliorer la prise en charge des neuroblastomes et des tumeurs rhabdoïdes.

Pour poursuivre cette démarche qui a déjà porté ses fruits, l’institut Curie s’est engagé à resserrer les liens entre les équipes de recherche et le département de Pédiatrie, adolescents et jeunes adultes.

L’Institut Curie participe ou coordonne de nombreuses études cliniques d’envergure internationale
Dimension indispensable pour faire progresser les connaissances sur ces maladies rares. L’Institut Curie a en outre obtenu en 2015 le label « Centre d’essais cliniques de phase précoce (CLIP²) » de l'INCa, qui lui donne la possibilité de mener des essais précoces aussi en pédiatrie.

Tumeurs cérébrales

Les tumeurs cérébrales de l’enfant peuvent survenir à tout âge, de la petite enfance à l’adolescence. On distingue trois grands types de tumeurs, qui regroupent la plupart à eux seuls la majorité des tumeurs cérébrales.

  • Les tumeurs gliales. Ce sont les plus fréquentes, quel qu’en soit le siège. Elles regroupent des maladies de pronostic très divers (bon pronostic des tumeurs de bas grade, pronostic réservé des tumeurs de haut grade).
  • Les tumeurs embryonnaires. Elles représentent plus de  20% des tumeurs cérébrales, notamment le médulloblastome, localisé au niveau du cervelet, ainsi que les tumeurs tératoïdes  rhabdoïdes  atypiques (AT/RT).
  • Les épendynomes. Ils représentent moins de 10% des tumeurs cérébrales.
  • Parmi les autres tumeurs cérébrales, citons les tumeurs germinales malignes intracrâniennes et craniopharyngiomes .

Les symptômes liés à la tumeur sont souvent difficiles à reconnaître. Ils sont souvent liés, dans un premier temps, à l’hypertension intracrânienne provoquée par la tumeur. Cela peut notamment se traduire par des maux de tête, des vomissements, un strabisme ou encore des troubles du sommeil, de l’humeur ou des apprentissages. Les signes neurologiques sont inconstants et dépendent de la localisation tumorale : troubles moteurs, visuels, de phonation, de déglutition, de l’équilibre… Chez les jeunes enfants, les symptômes peuvent aussi être à type de pertes d’acquisitions psychomotrices ou d’augmentation du périmètre crânien.

L’examen de référence pour confirmer le diagnostic est l’IRM, suivie lorsque c’est possible d’un geste chirurgical pour réaliser l’exérèse de la tumeur ou d’en prélever une partie (biopsie) afin de l’analyser. Certaines rares tumeurs (tumeurs germinales sécrétantes) peuvent être diagnostiquées par le dosage de marqueurs dans le sang ou le liquide céphalo-rachidien. Les progrès des dernières années permettent de mieux caractériser les tumeurs sur le plans biopathologique, ce qui permet d’adapter les traitements.

Le traitement standard des tumeurs cérébrales de l’enfant s’appuie sur les trois principales armes thérapeutiques dans le traitement des cancers.

  • La chirurgie. Elle consiste, dans la mesure du possible et selon la localisation, à retirer tout ou partie de la tumeur.
  • La radiothérapie est également couramment utilisée pour traiter les tumeurs cérébrales de l’enfant, en utilisant des techniques épargnant le plus possible les tissus sains.
  • Les médicaments anti-tumoraux constituent aussi souvent une part composante importante de ces traitements.

Le pronostic des tumeurs cérébrales de l’enfant est très variable selon le type de tumeur et son stade de développement. Les séquelles liées à la maladie et aux traitements constituent une préoccupation majeure pour les médecins et les chercheurs. Les recherches actuelles ont pour but non seulement d’améliorer le pronostic mais aussi de limiter au maximum les effets secondaires de la maladie et des traitements, particulièrement importants sur le système nerveux en développement.

 

Source: https://curie.fr/page/les-tumeurs-cerebrales-de-lenfant

Ostéosarcomes et tumeurs d'Ewing

Les ostéosarcomes. La majorité de ces tumeurs surviennent autour du genou. D’autres localisations sont possibles, le plus souvent sur un os long. Le site préférentiel des métastases est le poumon, puis les autres os. 

Le traitement des ostéosarcomes, localisés ou métastatiques, se déroule le plus souvent en trois étapes.

  • Une chimiothérapie dite néo-adjuvante (avant tout autre traitement) pour réduire la taille de la tumeur et limiter la propagation des métastases.
  • Un traitement local, le plus souvent une chirurgie, permettant l’exérèse (ou retrait) totale de la tumeur et la reconstruction du membre touché. Dans certains cas, le traitement conservateur n’est pas possible et le membre doit être amputé. Ces traitements orthopédiques exigent l’intervention d’experts chirurgicaux.
  • Une chimiothérapie adjuvante, ou post-opératoire, adaptée aux résultats suite à la chirurgie et liée à l’analyse au microscope de la pièce opératoire

Le traitement dure environ 9 mois. Un suivi étroit sera ensuite nécessaire pour vérifier qu’il n’y a pas de récidive ou de complications. La consultation de surveillance, qui a lieu tous les trois mois pendant deux ans puis de manière plus espacée, inclut un examen clinique et des examens d’imagerie adaptés.

Les sarcomes d’Ewing se développent le plus souvent à partir d’un os et envahissent les parties molles voisines : muscles, graisse, nerfs… Ils se développent souvent au niveau du bassin et de la colonne vertébrale mais peuvent survenir partout dans le corps. Les métastases sont possibles, essentiellement au niveau des poumons, des os et de la moelle osseuse. Les sarcomes d’Ewing touchent surtout les jeunes entre 13 et 25 ans mais peuvent concerner les enfants plus jeunes et les adultes.

Le traitement comprend souvent plusieurs axes thérapeutiques :

  • chimiothérapie ;
  • radiothérapie ;
  • chirurgie.

La prise en charge est adaptée au stade de la maladie, mais la première étape est toujours la chimiothérapie, pour réduire la tumeur et limiter la propagation métastatique. La deuxième étape consiste en un traitement local : chirurgie et/ou radiothérapie. Une chimiothérapie adjuvante peut être décidée. Certains cas de sarcomes d’Ewing peuvent nécessiter une chimiothérapie dite « haute dose » avec autogreffe de cellules souches. Le suivi post-traitement suit la même configuration que pour les ostéosarcomes.

Source: https://curie.fr/page/les-osteosarcomes-et-les-tumeurs-dewing

Neuroblastome

Le neuroblastome est la tumeur maligne solide extra-cérébrale la plus fréquente du jeune enfant. Cette tumeur se caractérise par une extrême variabilité clinique et évolutive, allant de la régression spontanée sans traitement à la progression rapidement fatale, malgré une fréquente diminution, voire disparition des signes sous chimiothérapie intensive.


Caractéristiques et diagnostic du neuroblastome
La cause du neuroblastome n’est pas connue dans la majorité des cas. Cependant des syndromes de prédisposition ont été décrits : neurofibromatose de type 1, maladie de Hirschsprung, syndrome d’Ondine. Très exceptionnellement, le neuroblastome a été observé en association avec un syndrome de Beckwith-Wiedemann ou un syndrome de Di-George.

Le neuroblastome se développe à partir du système nerveux sympathique, principalement dans l’abdomen, parfois le long de la colonne vertébrale ou au niveau des glandes surrénales. Les autres localisations, quoique plus rares, peuvent être le thorax, le cou ou le pelvis.

Le traitement dépend de quatre critères principaux : l’âge de l'enfant au diagnostic, le stade d’extension, la possibilité d'une chirurgie de la tumeur primitive, ainsi que l’amplification du gène N-myc. En effet, parmi les altérations génétiques décrites dans le neuroblastome, un facteur pronostic majeur a été identifié au cours des années 80 : la présence de multiples copies de l’oncogène N-myc dans une cellule tumorale. Celles-ci sont associées à un risque élevé de développer des métastases. L’analyse de ce gène fait donc désormais partie de l’arsenal diagnostique. Celui-ci permet de classer les neuroblastomes en différents stades classés de 1 à 4 et 4s. Les stades 1, 2 et 3 correspondent aux formes localisées alors que le stade 4 correspond aux formes métastatiques. Le stade 4s se caractérise par la présence de métastases hépatiques et cutanées généralement importantes, parfois dans la moelle osseuse, mais jamais osseuse. Cette forme tumorale, assez particulière, régresse dans la grande majorité des cas, soit spontanément, soit suite à une chimiothérapie peu agressive.

Choisir le bon traitement pour une tumeur donnée
Pour les tumeurs opérables d’emblée, une chirurgie seule sera le plus souvent suffisante; pour les tumeurs non opérables d’emblée, une chimiothérapie pré-chirurgicale est nécessaire avant la chirurgie. Dans les formes métastatiques et/ou en cas d’amplification l’oncogène N-Myc, une consolidation par une chimiothérapie intensive avec greffe de cellules souches est le plus souvent indiquée. La radiothérapie locale reste réservée aux formes de mauvais pronostic.

En 2005, l’analyse du suivi de 905 enfants atteints de neuroblastome localisé traités chirurgicalement dans 10 pays européens entre janvier 1995 et octobre 1999 a permis d’établir des recommandations. Cette analyse, la première d’une telle envergure, sert désormais de base à l’émergence d’une chirurgie plus homogène pour traiter les enfants atteints de neuroblastome localisé et diminuer ainsi les séquelles des traitements chirurgicaux trop précocement entrepris chez les jeunes patients concernés.

Vers des premiers traitements personnalisés du neuroblastome
Parallèlement, les évolutions des techniques de génétiques offrent la possibilité de mieux décrypter les anomalies en jeu dans le développement du neuroblastome. Ainsi l’altération du gène Alk est un événement fondateur du développement de certains neuroblastomes. Compte-tenu de ces caractéristiques, c’est un parfait candidat pour la mise au point d’une thérapie ciblée. D’ailleurs, des études cliniques sont actuellement en cours pour évaluer l’efficacité d’une thérapie ciblée sur cette altération chez les enfants atteints de neuroblastome.

D’autre part, un protocole européen, LINES, actuellement en cours vise à adapter l’intensité des cures de chimiothérapies en fonction du profil génomique. 

Les recherches se poursuivent pour mieux comprendre les rechutes survenant chez les jeunes enfants et trouver une piste pour les traiter. Parmi les autres pistes étudiées par l’équipe d’Oncologie pédiatrique de la pédiatre Gudrun Schleiermacher figure l’établissement d’un diagnostic précis à partir d’une simple prise de sang. L’analyse de l’ADN tumoral circulant apparaît comme un substitut pour établir le profil génomique du neuroblastome, dans les cas où un accès à la tumeur elle-même n’est pas possible, ou pour suivre l’évolution tumorale.

Source: https://curie.fr/dossier-pedagogique/cancers-de-lenfant-le-neuroblastome

Rhabdomyosarcomes

Les rhabdomyosarcomes touchent davantage les garçons que les filles et surviennent le plus souvent au niveau de la tête et du cou, plus rarement dans la région génito-urinaire ou les membres, mais peuvent cependant concerner toutes les parties du corps. C’est le plus fréquent des cancers des tissus mous chez les enfants.


Caractéristiques et pronostic du rhabdomyosarcome
L’origine de ces cancers est la cellule embryonnaire mésenchymateuse, soit les cellules formant le tissu de soutien embryonnaire à l'origine des divers tissus chez l'adulte, ce qui explique qu’ils puissent se retrouver partout dans l’organisme.

Le pronostic dépend de l’âge de l’enfant, de l'étendue de la tumeur primitive, de sa localisation, de sa taille, de son opérabilité et du type morphologique. Les rhabdomyosarcomes sont en effet classés en deux sous-types, alvéolaires ou embryonnaires, en fonction de leurs caractéristiques morphologiques. Les rhabdomyosarcomes alvéolaires sont plus fréquents chez l’adolescent et se localisent plus volontiers au niveau des extrémités.

Des traitements "rodés" et adaptés aux différentes formes
Le traitement des rhabdomyosarcomes associe chimiothérapie, chirurgie et, le plus souvent, une radiothérapie. La chirurgie est proposée en première intention lorsque les tumeurs sont de petite taille et facilement accessibles. Sinon, une chimiothérapie dite néo-adjuvante est pratiquée pour réduire la taille de la tumeur. Plusieurs molécules, seules ou en association, peuvent être administrées en privilégiant les associations qui affectent le moins la fertilité chez les garçons.

La radiothérapie vient le plus souvent après la chirurgie pour éliminer les éventuelles cellules tumorales encore présentes.

Dans le cas des tumeurs maxillo-faciales et urogénitales, la radiothérapie peut se faire par protonthérapie. Cette forme ultra-précise de radiothérapie limite l’irradiation des tissus sains et donc les séquelles.

Les formes alvéolaires étant plus agressives que les autres, leur traitement est beaucoup plus lourd et nécessite le recours à des radiothérapies et à des chimiothérapies plus intensives. Cette stratégie thérapeutique a fortement contribué à améliorer le pronostic des rhabdomyosarcomes alvéolaires. 

La génétique pour mieux diagnostiquer les rhabdomyosarcomes
Les traitements intensifs peuvent avoir des conséquences à long terme, surtout chez les jeunes enfants (cancers secondaires, infertilité, etc.). Il est donc crucial de les administrer uniquement aux enfants présentant des formes de rhabdomyosarcomes très agressives. Ces dernières années, les connaissances moléculaires sur les rhabdomyosarcomes ont largement progressé. Une altération génétique permettant de distinguer les rhabdomyosarcomes de bon et de mauvais pronostic semble avoir été identifiée et être plus significative que les caractéristiques morphologiques pour les distinguer.

Ce nouveau classement permettrait d’éviter des traitements lourds et leurs conséquences aux enfants atteints de tumeurs jusqu’à présent définies comme à haut risque et qui, au vu de cette nouvelle étude, semblent plutôt à risque standard. A contrario, il permettra d’intensifier les traitements chez les patients classés à haut risque.

Médulloblastome

Les médulloblastomes (MB) sont des tumeurs pédiatriques du cervelet. Très hétérogènes, les différents types de MB sont regroupés en quatre groupes principaux auxquels correspondent des caractéristiques cliniques et taux de survie très variables. Parmi ces groupes, le groupe 3, dont le taux de survie à 5 ans est le plus faible en raison de rechutes très fréquentes, est très mal caractérisé d’un point de vue moléculaire. Décrypter ses spécificités est aujourd’hui indispensable au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Les cellules cancéreuses ont la particularité de proliférer de façon anarchique. Il arrive même à certaines d’adopter les caractéristiques moléculaires de types cellulaires qui leur sont normalement étrangers. Ainsi, des cellules de MB de groupe 3 suivent parfois de façon aberrante le chemin des cellules de la rétine. Celio Pouponnot et son équipe « Signalisation Raf et Maf dans l’oncogenèse et le développement » (CNRS/INSERM/Institut Curie) se sont arrêtés sur cette particularité et ont étudié ce qu’elle impliquait. En collaboration avec le Dr Franck Bourdeaut à l’Institut Curie et le Pr Paul Northcott au St. Jude Children's Research Hospital de Memphis (USA) ils ont remarqué que NRL, une des molécules normalement spécifiques des photorécepteurs, mais exprimée dans le médulloblastome, était directement liée à la prolifération cellulaire en combinant une action anti-mort cellulaire à une contribution dans le processus de division cellulaire. Agir au niveau de NRL ou de ses cibles moléculaires pourrait donc être envisagé comme une nouvelle stratégie thérapeutique. Si cette piste de recherche est prometteuse, elle doit faire l’objet d’études plus poussées puisque les molécules à notre disposition à ce jour sont peu spécifiques et seraient par conséquent très toxiques pour l’Homme.

Source: https://curie.fr/actualite/cancers-de-lenfant/dans-loeil-du-medulloblastome

Rétinoblastome

Tumeur cancéreuse de l’œil, le rétinoblastome atteint les cellules de la rétine. Relativement simple, le diagnostic reste parfois encore trop tardif. Pourtant, les signes cliniques tels que le reflet blanc dans la pupille ou la présence d'un strabisme sont bien connus et doivent impliquer un examen ophtalmologique avec fond d’œil dans les meilleurs délais. La précocité du diagnostic conditionne la mise en œuvre de traitements conservant au mieux les yeux la vision.

Le rétinoblastome survient, pour la moitié des cas, dans un contexte de prédisposition génétique. L'enfant est porteur d'une anomalie constitutionnelle du gène RB1, c’est-à-dire d’une mutation présente dans toutes ses cellules. Cette anomalie confère alors un risque très élevé (90%) de développer un rétinoblastome. 

Une fois la mutation RB1 familiale identifiée chez une personne ayant eu un rétinoblastome, des consultations spécifiques permettent de proposer un test individuel aux apparentés (fratrie, cousins, descendants) indemnes de la maladie mais potentiellement porteurs de la mutation. Ceci dans le but de mettre en place une surveillance ophtalmologique en milieu spécialisé pour dépister précocement l’apparition possible de la maladie. Les sujets porteurs d’une anomalie constitutionnelle du gène RB sont également à risque de développer des deuxièmes cancers d’une façon significativement plus élevée que la population générale (sarcomes, pinéaloblastome, mélanome, gliomes…). Certains de ces deuxièmes cancers peuvent être favorisés par les traitements du rétinoblastome lui-même.

Source: https://curie.fr/page/le-retinoblastome

Chirurgie

A l’exception des carcinomes épidermoïdes et des cancers du canal anal, la chirurgie est indiquée dans le traitement de la plupart des tumeurs. Elle constitue le plus souvent la première étape du traitement et peut-être suivie de chimiothérapie et/ou de radiothérapie.

La chirurgie du cancer consiste bien sûr à retirer la tumeur aussi précisément que possible. Mais elle est également le plus souvent complétée par un curage ganglionnaire : le chirurgien retire autant que possible tous les ganglions qui drainent la tumeur et seraient donc susceptibles d’être touchés à leur tour. Pour le cancer du sein, la technique du ganglion sentinelle permet de prélever un seul ganglion. S’il apparaît sain, les autres seront conservés, tandis que s’il est touché, la chaîne ganglionnaire sera retirée. Ces interventions sont généralement pratiquées lors de la même anesthésie. L’analyse de ces ganglions aidera également à décider des suites à donner à l’intervention chirurgicale (chimiothérapie, radiothérapie, etc.).

Source: https://curie.fr/page/chirurgie-0

Chirurgie reconstructrice et cancer

Le cancer du sein touche chaque année plus de 55 000 personnes. Un tiers des patientes seront traitées par mastectomie (ablation complète du sein). Les techniques de reconstruction font partie intégrante de la prise en charge de ces cancers. L’ablation et la reconstruction peuvent parfois être pratiquées au cours d’une même intervention ou de manière différée.

La reconstruction peut faire appel à un implant prothétique identique à ceux utilisés en chirurgie esthétique. Mais, de plus en plus souvent, elle est effectuée grâce aux tissus de la patiente. On parle alors de reconstruction autologue. Ses résultats sont souvent plus naturels et plus satisfaisants et nécessitent moins de ré-interventions ultérieures.

Les chirurgiens utilisent des « lambeaux ». Il peut s’agir d’un lambeau dit pédiculé comme le lambeau de muscle grand dorsal (muscle du dos), qui est partiellement détaché, pour reconstruire le sein, son volume et sa forme. On peut aussi utiliser un lambeau libre, entièrement prélevé puis greffé. La technique la plus pratiquée s’appelle le Diep, pour Deep Inferior Epigastric Perforator flap (lambeau de vaisseaux perforants épigastriques inférieurs). Elle consiste à prélever au niveau de l’abdomen un ensemble de graisse et de peau ainsi que l’artère et la veine qui les vascularisent et de rebrancher cette artère et cette veine au niveau de vaisseaux présents sur le thorax par micro-chirurgie. Le sein peut également être reconstruit par le prélèvement et la réinjection de graisse provenant de la patiente (lipomodelage).

Ces techniques de chirurgie reconstructrice peuvent par ailleurs être utilisées en cas de traitement conservateur (quand seule la tumeur est retirée et le sein conservé), pour prévenir et prendre en charge les séquelles esthétiques ainsi que les séquelles de traitement.

Source: https://curie.fr/page/chirurgie-reconstructrice-et-cancer

Radiothérapie

La radiothérapie peut être à visée curative, pour soigner le patient, ou à visée palliative, pour traiter les métastases, notamment cérébrales, ou réduire la douleur liée aux métastases osseuses. Elle est parfois utilisée seule, par exemple pour traiter certaines tumeurs du cerveau, du poumon ou gynécologiques, qui ne peuvent pas être enlevées par chirurgie. Elle est aussi couramment utilisée en association avec la chirurgie et les traitements médicamenteux dans le cadre d’une prise en charge multidisciplinaire. La radiothérapie permet souvent d’éviter des chirurgies mutilantes et de préserver ainsi l’organe atteint (sein, rectum, sphère ORL…).

Plusieurs types d’irradiations sont possibles.

  • La radiothérapie externe est la plus souvent utilisée. Elle consiste à délivrer par des accélérateurs de particules un faisceau d’électrons, de photons ou de protons (protonthérapie) dans le volume tumoral.
  • La curiethérapie consiste à mettre au contact ou à l’intérieur des tumeurs des sources radioactives, ce qui permet un traitement plus ciblé. Elle peut être prescrite pour certains cancers de la prostate, gynécologiques, du canal anal ou de l’œil.

L’effet biologique principal des radiations ionisantes est de casser les brins d’ADN des cellules tumorales, soit directement, soit par le biais de radicaux libres, ce qui entraîne la mort de ces cellules.

Tout traitement par irradiation nécessite un temps de préparation au cours duquel les spécialistes effectuent un repérage précis des volumes à irradier, à partir d’un scanner effectué en position de traitement, auquel sont parfois fusionnées les images d’IRM ou de TEP-scan. Ces images vont également permettre de repérer les organes sains adjacents au volume traité et d’établir un plan de traitement personnalisé pour chaque patient.

Pour assurer les meilleures conditions d’efficacité, la précision de la délivrance du traitement et les contrôles de qualité mis en œuvre sont cruciaux.

La dosimétrie prévisionnelle est préparée par des dosimétristes, vérifiée par les physiciens médicaux et validée par les oncologues radiothérapeutes. Les paramètres du plan de traitement sont vérifiés par la radio-physicien.

Tous les jours, le positionnement du patient sur la table de traitement est minutieusement vérifié. La dose effectivement reçue est systématiquement mesurée et comparée à la dose prévue. Pendant toute la durée du traitement, une consultation médicale hebdomadaire permet un suivi médical strict.

Source: https://curie.fr/page/radiotherapie

Chimiothérapie et Hormonothérapie

Qu’est-ce que la chimiothérapie ?
L’objectif de la chimiothérapie est d’aller tuer les cellules cancéreuses. Elle peut être prescrite…

  • En situation adjuvante, lorsque la tumeur a été enlevée, pour s’assurer qu’il ne reste pas de cellules cancéreuses.
  • En situation néo-adjuvante, pour réduire la taille de la tumeur avant la chirurgie : cela permet de limiter les séquelles potentielles liées à la chirurgie.
  • En cas de maladie métastatique, pour traiter l’ensemble de l’organisme.

Il existe de nombreux types de chimiothérapies, qui sont utilisés en fonction des caractéristiques du cancer.

La chimiothérapie est souvent administrée par voie intraveineuse. Elle se déroule alors le plus souvent sous forme de séances de quelques minutes à quelques heures, en hôpital de jour. Les séances sont renouvelées tous les 15 jours ou trois semaines.

La chimiothérapie peut également être prise par voie orale : il s’agit alors d’un comprimé, que l’on peut prendre à la maison.

Les chimiothérapies comportent un inconvénient important : elles ne savent pas bien faire la distinction entre les cellules cancéreuses et les cellules saines. Elles vont donc détruire une bonne partie des cellules à renouvellement rapide de l’organisme. C’est ce qui explique les nombreux effets secondaires possibles tels que la perte de cheveux, les problèmes d’ongles ou de peau mais aussi les nausées. La chimiothérapie provoque aussi, souvent, une diminution transitoire des défenses immunitaires : le patient doit donc recevoir des conseils pour bien réagir en cas d’infection.

Qu’est-ce que l’hormonothérapie ?
Certains cancers, notamment parmi les cancers du sein et de la prostate, sont sensibles aux hormones sexuelles : celles-ci stimulent la croissance des cellules cancéreuses. En allant « bloquer » le récepteur hormonal sur ces cellules cancéreuses, on les empêche de proliférer.

Certains effets secondaires peuvent apparaître, tels qu’une sécheresse vaginale ou une baisse de la libido, mais ils sont totalement réversibles à l’arrêt du traitement. L’hormonothérapie est le plus souvent très efficace, notamment dans le traitement des cancers du sein hormono-dépendants (près des trois-quarts des cancers du sein), où elle est souvent prescrite en complément d’une chimiothérapie. Elle a fait chuter la mortalité liée aux cancers du sein.

Source: https://curie.fr/page/chimiotherapie-et-hormonotherapie

Protonthérapie

C’est une radiothérapie externe utilisant l’énergie d’un faisceau de protons pour détruire les cellules tumorales. En raison des propriétés physiques de ce faisceau, la dose d’irradiation délivrée au niveau la tumeur peut être augmentée alors que celle délivrées aux tissus sains proches de la tumeur est minimisée. En effet le proton (partie du noyau d’un atome) à une charge positive et un poids, contrairement aux photons X. Il peut donc être précisément dirigé vers sa cible grâce à des lentilles magnétiques. Il dépose ainsi la totalité de son énergie à une profondeur déterminée, en l’occurrence au niveau de la tumeur.

En outre la radiothérapie dite classique utilise plusieurs faisceaux de photons pour traiter une tumeur. Là, où un seul faisceau de proton permet d’atteindre la tumeur en épargnant d’autant plus les tissus sains situés en amont de celle-ci.

Cette forme de radiothérapie permet par ailleurs de délivrer des doses importantes et ainsi de détruire des tumeurs radio-résistantes proches d’organes sensibles comme les tumeurs malignes intra oculaires, les tumeurs de la base de crane et du rachis.

Elle réduit notablement le volume de tissus sain traversés par les rayons comparativement aux photons et permet dans certaines situations cliniques de diminuer le risque de toxicité. C’est une radiothérapie particulièrement adaptée pour l’irradiation de certaines tumeurs de l’enfant et du jeune adulte.

Source: https://curie.fr/page/protontherapie

Immunothérapie

L’immunothérapie consiste à utiliser le système immunitaire pour éliminer les cellules cancéreuses, comme il le fait pour s’attaquer aux bactéries et aux virus. Ce traitement plutôt que de cibler directement les cellules cancéreuses, apprend au système immunitaire à les reconnaître et à les détruire. Ce type de traitement peut viser différentes cellules impliquées dans la réponse immunitaire.

L’immunothérapie qui recouvre plusieurs approches thérapeutiques, a rencontré de nombreux succès ces dernières années. Certaines immunothérapies sont déjà autorisées et d’autres sont en cours d’évaluation :

  • Les vaccins thérapeutiques contre le cancer : Les vaccins traditionnels activent spécifiquement le système immunitaire pour qu’il se défende contre les bactéries ou les virus. Les vaccins contre le cancer lui apprennent à s’attaquer aux cellules cancéreuses. Cet apprentissage consiste à présenter au système immunitaire une protéine localisée sur les tumeurs. Le seul vaccin homologué à ce jour traite les formes avancées de cancer de la prostate. D’autres sont à l’étude.
     
  • Débloquer le système immunitaire pour qu’il s’attaque aux cellules tumorales : C’est la stratégie qui a connu le plus grand développement ces dernières années. Tout est parti d’un constat : les cellules tumorales ont la capacité de contourner le système immunitaire en activant des éléments inhibiteurs de la réponse immune appelés « points de contrôle » ou « check-point » immunitaires. Il existe déjà plusieurs traitements à base d’anticorps capables d’empêcher l’action de ces check-points immunitaires et donc de débloquer le  « verrouillage » du système immunitaire pour lui permettre de rejeter les tumeurs. Ces traitements ont déjà fait leurs preuves dans plusieurs localisations tumorales, notamment entre autres les cancers du poumon, le mélanome, le cancer du rein. Malheureusement, aujourd’hui, la majorité des patients ne répondent pas à ces traitements et la recherche doit continuer pour augmenter le nombre de personnes pouvant bénéficier des immunothérapies. Certaines pistes sont déjà prometteuses et de nombreux essais sont en cours pour allonger la liste des cancers qui seront guéris grâce aux immunothérapies.  

Source: https://curie.fr/page/immunotherapie-0

Thérapies ciblées

Elles ont révolutionné les traitements contre le cancer. Les thérapies ciblées consistent à cibler une particularité de la cellule cancéreuse et à bloquer cette cible, impliquée dans la chaîne d’informations responsable de la prolifération des cellules. Ainsi, la cellule cancéreuse ne peut plus se reproduire. Ces thérapies sont donc basées sur le profil moléculaire de la tumeur et non plus sur son emplacement : une même thérapie peut fonctionner pour des cancers sur des organes différents, s’ils portent une même particularité moléculaire. Pour le savoir, il faut analyser l’ADN de la cellule cancéreuse et partir à la recherche d’anomalies pour lesquelles une thérapie ciblée peut fonctionner. Elles sont souvent prescrites en complément de la chimiothérapie.

Aujourd’hui, il existe une trentaine de thérapies ciblées, réparties en plusieurs familles : les anticorps, qui vont s’attaquer à une cible précise à la surface de la cellule, et les inhibiteurs qui vont plutôt se rendre à l’intérieur de la cellule pour bloquer une étape de la reproduction.

En 2013, une autre forme de thérapie ciblée a connu un véritable essor, basée sur les inhibiteurs de checkpoints immunitaires. Les chercheurs se sont rendu compte que les cellules cancéreuses avaient parfois le pouvoir de faire baisser les défenses immunitaires qui auraient pu les évacuer de l’organisme. Certaines thérapies permettent aujourd’hui de bloquer les récepteurs des lymphocytes sensibles aux attaques cancéreuses : ils ne sont pas supprimés et peuvent continuer à exterminer les cellules cancéreuses. Le traitement aide ainsi l’organisme à se défendre lui-même contre le cancer. Ces techniques donnent aujourd’hui des résultats prometteurs dans le traitement de cancers habituellement de mauvais pronostic tels que certains cancers du poumon ou de la vessie.

Source: https://curie.fr/page/therapies-ciblees

Tumeurs malignes de l'oeil

Il s'agit de tumeurs conjonctivales, palpébrales et orbitaires. Les cancers de l’œil nécessitent une prise en charge multidisciplinaire pour optimiser les chances de guérison.

  • Les tumeurs des paupières sont représentées par les carcinomes basocellulaires de loin les plus fréquents et qui dans la plupart des cas ont un excellent pronostic. Ces tumeurs ont une malignité locale mais ne font pas de métastases. La prise en charge chirurgicale initiale est le traitement de référence. Réalisée précocement elle permet de guérir le patient avec des séquelles chirurgicales minimes. Dans les formes plus évoluées, une chirurgie plus large avec reconstruction immédiate de la paupière est recommandée. Les résultats histologiques sont discutés en RCP. Les formes très évoluée localement peuvent également bénéficier d’une radiothérapie ou dans certains cas d’une thérapie ciblée.
  • D’autre tumeurs malignes de la paupière sont plus rares et plus agressives, pouvant donner des métastases sont le carcinome épidermoïde, sébacé ou les tumeurs de Merkel. Ces tumeurs sont le plus souvent traitées par une association de chirurgie et de radiothérapie. Elles bénéficient là aussi de l’approche multidisciplinaire et des avancées biologiques récentes.
  • Les tumeurs malignes de la conjonctive sont représentées par les lymphomes, les dysplasies sévères et carcinomes conjonctivaux, les mélanoses précancéreuses et mélanomes de la conjonctive. Ces lésions sont rares mais potentiellement graves et justifient d’une prise en charge précoce et adaptée. Les carcinomes conjonctivaux sont des tumeurs épithéliales dont le pronostic dépend de la taille initiale, des chirurgies préalables, du nombre de rechutes locales ainsi que de l’agressivité histologique. Lorsque la tumeur est bien prise en charge par une association de chirurgie et de radiothérapie par disque ou par proton on peut obtenir un excellent contrôle local avec peu de séquelles oculaires et prévenir le risque de rechute ganglionnaire et de métastases. Ces tumeurs peuvent également bénéficier d’une chimiothérapie ou d’une immunothérapie (Interféron alfa 2b) en collyre en complément.
  • Les mélanomes de la conjonctive sont des tumeurs malignes agressives. Ils sont proches des mélanomes cutanés bien que beaucoup plus rares. Ces tumeurs surviennent le plus souvent sur un état précancéreux appelé mélanose de Reese ou sur dégénérescence d’un naevus ancien voire de novo. La tumeur est généralement pigmentée, de croissance rapide chez un sujet à peau claire autour de 50 ans. La prise en charge nécessite un centre spécialisé et le traitement repose sur une exérèse chirurgicale suivie d’une radiothérapie complémentaire dont les modalités sont discutées en RCP. La recherche de mutations (BRAF, RAS, KIT) permet de guider en cas de métastases un traitement par thérapie ciblée ou immunothérapie approprié. Le mélanome conjonctival fait l’objet de recherche sur les mutations retrouvées au sein des tumeurs.
  • Le lymphome de la conjonctive est le plus souvent un lymphome de bon pronostic associé aux muqueuses (lymphome de type MALT). Il existe des formes plus rares et plus agressives. Le diagnostic se fait par une simple biopsie, la prise en charge est ensuite discutée en RCP avec les hématologues et les radiothérapeutes.
  • Les tumeurs de l’orbite sont rares et beaucoup plus polymorphes. On rencontre tous les types de tumeurs au niveau de l’orbite. Le diagnostic repose souvent sur la biopsie ou biopsie exérèse analysée par un anatomopathologiste aguerri.
  • Les tumeurs malignes de l’œil proprement dit sont représentées par les tumeurs primitives (rétinoblastome chez l’enfant, mélanome de la choroïde, lymphome oculaire primitif chez les adultes) et les métastases choroïdiennes provenant d’un cancer situé ailleurs (sein, poumon, colon…). Le diagnostic est posé par un ophtalmologiste spécialisé dans les tumeurs oculaires sur des arguments cliniques et échographiques. Une biopsie toujours de réalisation délicate dans un oeil n’est proposée que dans certains cas de diagnostic difficile.

Source: https://curie.fr/page/tumeurs-malignes-de-loeil

Mélanome de l'uvée

Le mélanome de l'uvée, qu'est-ce que c'est ?

 

  • Il peut survenir de novo ou par dégénérescence d’un naevus choroïdien. C’est pourquoi les patients chez qui on découvre un naevus choroïdien de grande taille bénéficient en général d’une surveillance régulière du fond d’œil.
  • Le mélanome de l’œil peut être découvert lors d’un examen de routine du fond d’œil ou à l’occasion de troubles visuels récents: baisse de l’acuité visuelle, tâche dans le champ visuel (scotome), éclairs lumineux, amputation du champ visuel (décollement de rétine).
  • Les tumeurs postérieures et à cheval sur l’équateur peuvent être traitées par protonthérapie : le chirurgien repère la tumeur et met en place des clips de tantale qui serviront à guider le faisceau de protons. Une ponction à l’aiguille fine est réalisée lors de l’intervention chaque fois que cela est possible pour mieux caractériser la tumeur sur le plan biologique. Une endorésection (ablation chirurgicale du tissu tumoral cicatriciel) est parfois réalisée après la protonthérapie pour éviter les complications, en particulier le glaucome neovasculaire. Pour les petites tumeurs antérieures, un traitement par curiethérapie à l’iode 125 peut être proposé. Ces traitements par radiothérapie permettent un contrôle local de la tumeur dans 95 % des cas. Une surveillance prolongée de la cicatrice oculaire est indispensable. Des complications (cataracte, glaucome, rétinopathie radique) sont possibles et nécessitent une prise en charge ophtalmologique.
  • L’énucléation ou ablation chirurgicale de l’œil est réservée aux tumeurs les plus volumineuses.
  • Un bilan d’extension est nécessaire pour rechercher des métastases à distance, notamment dans le foie

Source: https://curie.fr/page/melanome-de-luvee

Le cancer du sein

Le cancer du sein est une tumeur qui se développe à partir des cellules constituant la glande mammaire. Il existe plusieurs types de tumeurs.

  • On parle de carcinome in situ si les cellules cancéreuses sont confinées au niveau des canaux ou des lobules du sein. Si les cellules cancéreuses ont traversé la membrane dite "basale" des canaux ou des lobules et ont envahi les tissus avoisinants, il s'agit d'un carcinome infiltrant. Les cellules cancéreuses peuvent se propager soit dans les ganglions situés sous l'aisselle, soit par voie veineuse.
  • Les progrès de la recherche permettent aujourd’hui de distinguer trois grands types de tumeurs : le cancer de type luminal A ou B, le cancer de type HER2 et le cancer de type basal-like.
  • Deux gènes de prédisposition au cancer du sein ont été identifiés, nommés BRCA1 et BRCA2. 60 000 femmes seraient porteuses de l’une de ces deux mutations génétiques. Elles peuvent être transmises par n’importe lequel des deux parents et augmentent considérablement le risque de développer, un jour, un cancer du sein ou de l’ovaire. Un suivi adapté est proposé aux femmes identifiées comme porteuses de l’une de ces mutations.

Le traitement du cancer du sein dépend de l’étendue du cancer au moment du diagnostic. Il comprend généralement l’ablation de la tumeur (ou du sein lorsque le cancer s’est propagé), voire des ganglions afférents. Aujourd’hui, la technique du ganglion sentinelle (le fait de prélever le ganglion le plus proche du sein) permet de déterminer lors de l’opération s’il faut ou non retirer toute la chaîne ganglionnaire. La chirurgie est souvent complétée par de la chimiothérapie et de la radiothérapie.

Source: https://curie.fr/page/le-cancer-du-sein

Cancer du poumon

Le cancer du poumon représente 46 363 nouveaux cas en 2018 en France, soit 15% de tous les nouveaux cas de cancers. Chez l’homme il représente la 2e cause de cancer, après la prostate, avec 31 231 cas en 2018 et la 1e cause de mortalité par cancer. Chez la femme il représente la 3e cause de cancer, après le cancer du sein et le cancer colo-rectal, avec 15 132 nouveaux cas en 2018.

Le tabagisme est un des principaux facteurs de risque mais le cancer peut survenir chez des patients qui n’ont jamais fumé. D’autres facteurs peuvent être en cause : des expositions professionnelles (l’amiante), le cannabis ou la pollution atmosphérique.

On distingue deux principaux types de cancers du poumon : les cancers à petites cellules et les cancers non à petites cellules. Ces derniers sont classés en adénocarcinome, carcinome épidermoïde ou carcinome indifférencié.

On différencie les cancers non à petites cellules selon les altérations génétiques au niveau de la tumeur ; certaines de ces altérations doivent systématiquement être recherchée, car elles vont prédire l’efficacité biothérapies ciblées.

L’immunothérapie est un traitement dont l’objectif est de stimuler la réponse immunitaire du patient contre les cellules cancéreuses, et fait partie de l’arsenal des traitements des cancers du poumon.

Ainsi, le cancer du poumon est une entité multiple dont le pronostic et les traitements seront très différents d’un patient à l’autre car de plus en plus adaptés aux caractéristiques de la tumeur et du patient lui-même : c’est le principe de la personnalisation de la prise en charge.

Des progrès ont été établis dans toutes les disciplines de la cancérologie, nécessitant une collaboration étroite entre toutes les spécialités : pour le diagnostic, avec le progrès en imagerie (comme la tomographie par émission de positons), en biologie avec une caractérisation précise des altérations moléculaires, ou en radiologie interventionnelle (radiofréquence) ; pour le traitement, avec la chirurgie mini-invasive ou la chirurgie à plusieurs équipes, la radiothérapie conformationnelle et stéréotaxique ou les thérapies ciblées et l’immunothérapie.

Sarcomes des tissus mous

Qu'est-ce qu'un sarcome des tissus mous

  • Il n’existe en réalité par un mais DES sarcomes des tissus mous. Cette tumeur se développe dans les tissus de soutien des membres  ou du tronc ou la paroi des organes de l’abdomen. On dénombre une cinquantaine de sous-types de sarcomes très différents.
  • Les sarcomes représentent environ 1 % de l’ensemble des cancers en France, soit 4000 à 5000 patients par an. Environ 55 % des sarcomes sont situés au niveau des membres, 45 % dans les régions profondes du tronc et de l’abdomen et 5 % au niveau de la tête et du cou.
  • La vitesse de progression de ces tumeurs dépend de leur grade : rapide s’il est élevé, mais très lente si le grade est bas. Elles se caractérisent également par des volumes importants, avec des diamètres qui atteignent parfois plusieurs dizaines de centimètres. Contrairement à une idée reçue, la taille de la tumeur n’est pas un facteur pronostic mais complique l’opération.
  • Les symptômes ne sont pas toujours très parlants. Dans l’abdomen, ils sont liés à la compression qu’elle provoque : toussotements, augmentation du périmètre abdominal, douleurs vagues, etc. Dans les membres, palpation d’une masse indolore, ce qui peut entraîner des erreurs (diagnostic d’hématome, de tumeur bénigne, etc.).
  • Le diagnostic repose sur les examens d’imagerie (IRM pour les tumeurs des membres et scanner pour la zone abdominale) et sur la micro-biopsie. Le diagnostic peut être difficile à poser : il est recommandé de se rendre dans un centre expert tel que l’Institut Curie, de façon à faire le diagnostic et à proposer un traitement adapté dès le début.
  • Le traitement des sarcomes primitifs repose sur l’ablation de la tumeur. Cette chirurgie est très spécifique et de nombreuses études internationales ont démontré que l’expérience du chirurgien est fondamentale. Selon la nature, le stade et la localisation de la tumeur, elle peut être complétée par de la radiothérapie et/ou de la chimiothérapie.
  • Avec une prise en charge optimale, 75 % des patients sont toujours en vie 5 ans après le diagnostic. Mais il est crucial de consulter d’emblée un spécialiste des sarcomes : si la chirurgie est mal réalisée, il devient alors difficile de « rattraper » la situation et les chances de survie sans récidive diminuent.

Source: https://curie.fr/page/les-sarcomes

Cancers de la peau

Le terme de cancer de la peau recouvre deux types de tumeurs cutanées distinctes :

  • les carcinomes baso- ou spino- cellulaires (appelés aussi cancers épithéliaux) qui touchent les cellules épithéliales productrices de la kératine. Les formes basocellulaires sont de loin les plus fréquentes avec environ 70% des cas, soit près de 100 000 cas diagnostiqués chaque année en France. Ce sont des tumeurs de bons pronostics. Le traitement consiste généralement en une ablation chirurgicale. En cas d’exérèse incomplète, il existe un risque de récidive local. En revanche ces tumeurs ne donnent pas lieu à des métastases.
  • le mélanome qui atteint les cellules fabriquant la mélanine. En 2015, on estime à plus de 14 000 mélanomes de la peau diagnostiqués en France (source INCa).

Les cancers de la peau qui touchent aussi bien les hommes que les femmes ont vu leur incidence augmenter depuis 1980. Cette augmentation est très certainement due à l’engouement suscité par l’exposition au soleil. En effet l’exposition aux rayonnements UV est un facteur de risque avéré de survenue des cancers de la peau.

Alors que les carcinomes semblent plutôt résulter d’une exposition prolongée au soleil, une forte exposition de type coup de soleil, d’autant plus pendant l’enfance favorise le développement des mélanomes.

Si ces dernières années un léger ralentissement de l’incidence semble observer, elle peut très certainement s’expliquer par la multiplication des messages de prévention et l’utilisation de plus en plus fréquente des protections solaire qu’elles soient physiques (chapeau, T-shirt...) ou chimique (crème solaire).

Le dépistage précoce est l’un des atouts majeurs dans le traitement du mélanome de la peau. Chaque année, le syndicat des dermatologues organise une journée de sensibilisation. Plus le traitement est précoce, plus les chances de guérison sont élevées.

Par ailleurs, il existe aussi des signes dont il faut se méfier et chacun peut surveiller sa peau. Le mélanome se présente habituellement sous la forme d’une tache pigmentée (brune ou noire) plate. Dans 15 à 20 % des cas, il apparaît au niveau d’un grain de beauté dont l’aspect se modifie. Tout grain de beauté ou tâche noire qui se modifient sur la peau doit inciter à consulter un dermatologue. C’est seulement après cette première consultation et s’il existe un risque que le médecin peut vous orienter vers l’Institut Curie.

Source: https://curie.fr/page/le-cancer-de-la-peau

Cancers digestifs

Avec plus de 42 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année en France, les cancers du côlon et du rectum sont de loin les plus fréquents des cancers primitifs du tube digestif. Cette grande fréquence justifie la mise en place, depuis quelques années, d’un dépistage systématique chez les sujets âgés de 50 ans à 74 ans (au même titre que le cancer du sein chez les femmes). En l’absence de facteurs de risque particuliers, ce dépistage est basé sur la recherche tous les 2 ans, d’une hémorragie microscopique dans les selles suivie, en cas de positivité, de la réalisation d’une coloscopie.

La fréquence des cancers du pancréas a beaucoup augmenté au cours des dernières décennies. Ils sont maintenant au second rang des cancers digestifs, devant les cancers de l’estomac et de l’œsophage. Les cancers primitifs de l’intestin grêle sont exceptionnels.

Les cancers primitifs du foie sont rares et compliquent généralement l’évolution d’une maladie hépatique sous-jacente. Les sujets atteints de cirrhose, dont il existe différentes causes, sont les plus à risque. Il peut aussi exister dans le foie des tumeurs que l’on appelle métastases hépatiques car elles viennent d’un autre cancer qui à diffuser au foie. Elles sont plus fréquentes que les cancers primitifs du foie. Elles peuvent être isolées ou associées à l’atteinte d’autres organes ( ex : poumon) et/ou du péritoine (on parle alors de carcinose péritonéale).

Source: https://curie.fr/page/les-cancers-digestifs

Cancers ORL

Il existe plusieurs types de cancers ORL. On les classe généralement en fonction de l’emplacement de la tumeur.

  • Cavité buccale : langue, mâchoire, plancher de la bouche, joue, palais, lèvres.
  • Oropharynx : amygdale, voile du palais, base de langue, vallécule.
  • Larynx : cordes vocales, épiglotte, bandes ventriculaires, sous-glotte.
  • Hypopharynx et margelle laryngée : sinus piriforme, paroi postérieure pharyngée, région rétro- aryténoïdienne, bouche de l'œsophage.
  • Massif facial : nez, fosse nasale, sinus de la face, base du crâne, orbite, fosse infratemporale.
  • Nasopharynx : région située en arrière des fosses nasales et des sinus de la face.
  • Glandes salivaires : parotide, glandes salivaires principales et accessoires
  • Tumeurs de la thyroïde.
  • Tumeurs cutanées de la face et du cou.
  • Sarcomes et autres tumeurs rares ou exceptionnelles.

Les facteurs de risque sont clairement identifiés. Au premier rang : le tabac, l’alcool, mais aussi certains virus comme le papillomavirus (HPV). Les cancers faisant suite à une infection HPV touchent essentiellement l’oropharynx, en particulier les amygdales et la base de la langue. Contrairement aux autres cancers ORL, les hommes et les femmes sont concernés à proportion égale. Alors que généralement les cancers ORL surviennent autour de 60 ans, ceux survenant suite au virus HPV, se développent dès 40-45 ans, mais ils sont de meilleur pronostic.

D’une manière générale, la guérison des cancers ORL dépend du caractère localisé ou au contraire étendu des lésions.

Source: https://curie.fr/page/les-cancers-orl

Tumeurs du système nerveux et de la base du crâne

Que sont les tumeurs primitives du système nerveux central et de la base du crâne ?


Parmi les tumeurs se développant au niveau du cerveau et dans la moelle épinière il faut tout d’abord distinguer les tumeurs primitives initialement développés dans le système nerveux central, des métastases cérébrales qui surviennent secondairement chez des patients qui présentent déjà un cancer situé dans un autre organe (sein, poumon, rein, mélanome…).

L’Institut Curie est le centre de référence pour ces tumeurs et a développé une expertise pluridisciplinaire intégrant le diagnostic et la prise en charge thérapeutique. 

Les tumeurs primitives du système nerveux central de l’enfant, de l’adolescent et du jeune adulte
Ce sont des tumeurs rares pour lesquelles la classification est en pleine évolution et s’appuie sur l’anatomopathologie et la biologie moléculaire. La stratégie thérapeutique de prise en charge est personnalisée et inclut selon les cas : chirurgie, chimiothérapie, thérapie ciblée, radiothérapie de haute précision par rayons X ou par faisceaux de protons.

Les tumeurs primitives malignes du système nerveux central chez l’adulte

  • Les tumeurs malignes primitives du système nerveux central sont principalement représentées chez l’adulte par les tumeurs gliales, de bas grade et de haut grade.
  • Des tumeurs rares telles que les médulloblastomes, les épendymomes, les tumeurs germinale intracrâniennes, les tumeurs de la région pinéale, sont observées plutôt chez le jeune adulte mais peuvent apparaître à tout âge
  • Les lymphomes cérébraux primitifs sont rares. L’Institut Curie coordonne avec l’AP-HP le réseau expert national de ces tumeurs.

Les tumeurs primitives bénignes du système nerveux central chez l’adulte
Elles se développent en particulier dans la région de la glande hypophyse  tels que

  • les craniopharyngiomes,
  • les adénomes hypophysaires
  • les méningiomes

Elles bénéficient des approches complémentaires à la neurochirurgie utilisant les technologies de haute précision en radiothérapie, par rayons X ou par faisceaux de protons qui optimisent la protection des tissus normaux environnants ces tumeurs bénignes.

Les tumeurs primitives de la base du crane 
A point de départ souvent osseux, les tumeurs de la base du crâne telles que les chordomes, les chondrosarcomes et les ostéosarcomes requièrent une expertise pour leur traitement local partagée entre les radiothérapeutes de l’Institut Curie et les neurochirurgiens. Leur exérèse est délicate, le plus souvent incomplète et la radiothérapie post-opératoire est nécessaire. Souvent résistantes, elles requièrent un niveau de dose élevé pour obtenir le contrôle la maladie ce qui rend nécessaire l’utilisation de techniques de haute précision telles que la protonthérapie, traitement de référence.

Source: https://curie.fr/page/les-tumeurs-du-systeme-nerveux-central-et-de-la-base-du-crane

Cancers gynécologiques

Les différents types de cancers gynécologiques
Cancers de l’endomètre, du col de l’utérus et de l’ovaire ou des trompes sont les trois principales localisations de cancers de l’appareil génital féminin qui touchent près de 15 000 nouvelles femmes chaque année en France. Les cancers de la vulve et du vagin sont quant à eux beaucoup plus rares.

Cancer de l’endomètre
C’est le plus fréquent des cancers gynécologiques : il se développe au niveau du corps de l’utérus (par opposition au col). 7 300 femmes ont été diagnostiquées pour un cancer de l’endomètre en 2012 (dernier chiffre officiel de l’Institut national du cancer). Ce cancer survient le plus souvent entre 60 et 70 ans, avec un pic d’incidence à 68 ans.

L’obésité, le diabète et un taux d’œstrogènes supérieur à la moyenne (hyperœstrogénie relative) augmentent le risque de survenu du cancer de l’endomètre. Dans 6 % des cas, il survient dans un contexte familial associé à un syndrome de Lynch : les femmes atteintes de cette maladie génétique présentent un risque élevé de développer un cancer de l’endomètre, mais aussi de cancer du côlon, de l’ovaire et des voies biliaires et urinaires.

C’est un cancer de bon pronostic à un stade localisé et la mortalité liée à ce cancer tend à diminuer ces dernières années. Son traitement consiste en une chirurgie associée ou non à une radiothérapie selon le stade et une chimiothérapie pour les formes avancées.

Cancer de l’ovaire
Le cancer de l’ovaire a touché 4 600 femmes en 2012, à un âge médian de 65 ans. Dans 5 % à 10 % des cas, il survient dans un contexte de prédispositions génétique : Les femmes porteuses d’une mutation du gène BRCA 1 ou 2  ont un risque plus élevé de développer un cancer de l’ovaire. Dans ce cas, la maladie peut apparaître plus tôt, vers 50 ans. Un suivi adapté est proposé aux femmes prédisposées afin de détecter au plus tôt une lésion. Une ablation préventive des ovaires et des trompes peut également leur être envisagée.

Le cancer de l’ovaire est souvent diagnostiquée tardivement, à un stade avancé, car il est « silencieux » ou se manifeste par des symptômes peu spécifiques : douleurs, saignements, troubles du transit et pesanteur dans le bas-ventre. Il est diagnostiqué par un examen d’imagerie et le dosage d’un marqueur appelé CA 125 dans le sang, qui permet également de suivre l’évolution de la maladie. Lorsque la maladie est peu étendue, le traitement consistera en une chirurgie retirant les ovaires, l’utérus, les différentes chaînes ganglionnaires et toute autre lésion visible. Cette chirurgie est suivie dans la grande majorité des cas d’une chimiothérapie. Si le cancer est disséminé, une chimiothérapie peut être réalisée en première intention, pour réduire la taille et le nombre de lésions. Elle est suivie d’une chirurgie pour retirer toutes les lésions.

Cancer du col de l’utérus
3 000 femmes sont diagnostiquées pour un cancer du col de l’utérus chaque année. Sa fréquence est en diminution constante depuis 20 ans, grâce au dépistage régulier par frottis, qui permet de détecter des lésions précancéreuses. Dans 95 % des cas, ces lésions précancéreuses résultent d’une infection par un papillomavirus (HPV) transmise sexuellement 15 à 20 ans plus tôt. C’est pourquoi on propose désormais aux jeunes filles entre 11 et 14 ans une vaccination contre ce virus.

Toutefois ce cancer reste associé à une mortalité importante : 1 100 décès en 2012, alors que les lésions précancéreuses peuvent être retirées avant qu’elles ne deviennent cancéreuses par « conisation , soit l’ablation du cône du col portant les lésions .

Pour les cancers peu avancés, une chirurgie est pratiquée pour enlever l’utérus et les ganglions pelviens. Chez les femmes jeunes ayant un désir de grossesse et dont le cancer est peu évolué, on peut proposer un traitement préservant la fertilité.

Dans les formes avancées, le traitement repose sur l’association d’une radiothérapie et d’une chimiothérapie, parfois suivie d’une chirurgie.

Les cancers gynécologiques, plus rares
Le cancer de la vulve et du vagin représente moins de 5 % des cancers féminins. Il survient majoritairement chez les femmes ménopausées, vers 70 ans en moyenne. Il est généralement précédé par une phase précancéreuse, faisant suite à une maladie de peau préexistante, le lichen scléreux, ou à une infection par le virus HPV. Détectées précocement, les lésions précancéreuses peuvent être éliminées par une exérèse, ou des médicaments pour les infections par HPV. Le traitement des formes cancéreuses repose en première intention sur la chirurgie, parfois accompagnée d’une radiothérapie. La survie pour ce cancer est excellente si la maladie n’a pas atteint les ganglions lymphatiques.

Source: https://curie.fr/page/les-cancers-gynecologiques

Cancers urogénitaux

Les cancers urogénitaux
Les cancers urogénitaux sont variés car regroupent les atteintes tumorales notamment du rein et de la vessie, et chez l’homme, de la prostate et du testicule. Ils recouvrent des réalités très différentes. Les stratégies de prise en charge sont adaptées à chaque patient et déterminées en réunion de concertation pluridisciplinaires.

  • Le cancer de la prostate est le plus fréquent (70 000 nouveaux cas / an en France). Il survient chez les hommes le plus souvent après 65 ans mais sa mortalité reste faible avec l’obtention fréquente de la guérison ou d’un contrôle prolongé d’une maladie dont l’évolution est devenue chronique. Il est suspecté lors d’une augmentation du taux d’antigène spécifique prostatique (PSA) dans le sang, puis diagnostiqué par des examens complémentaires (biopsies et IRM). Ces éléments, couplés à l’examen clinique, permettent aussi de préciser le stade et l’agressivité de la tumeur. Selon ces critères, l’intensité des symptômes, l’état de santé général et l’âge du patient, il peut être proposé plusieurs attitudes, allant de la simple surveillance vers un traitement d’intention curative par chirurgie, radiothérapie et-ou hormonothérapie. La chimiothérapie étant plutôt indiquée dans les formes évoluées et/ou métastatiques. Parfois, il peut exister un choix entre les différents traitements et les préférences du patient sont prises en compte.
  • Autre cancer masculin, beaucoup plus rare, le cancer du testicule (un peu plus de 2 300 cas/an en France) est le plus fréquent chez l‘homme jeune entre 20 et 30 ans. La guérison définitive est obtenue dans plus de 96 % des cas. C’est l’apparition d’une tuméfaction ou de l’augmentation de volume de l’un des testicules qui amène le patient à consulter. Le médecin procède pour le diagnostic à la palpation des testicules, à une échographie des testicules et une recherche de marqueurs sanguins. Le retrait chirurgical du testicule atteint est le traitement initial. Avant cette intervention, il sera proposé par précaution d’effectuer un recueil de sperme avec sa conservation « en banque » après congélation. D’autres thérapies peuvent compléter le plan de traitement : chimiothérapie, voire radiothérapie ou chirurgie des masses abdomino-pelviennes ou des ganglions résiduels.
  • Le cancer du rein (environ 10 500 cas / an) touche deux fois plus les hommes que les femmes et le plus souvent après 65 ans. Il est parfois diagnostiqué de façon fortuite, lors d’un examen d’imagerie pratiqué pour une autre raison. Le médecin établira le diagnostic après un examen clinique et un scanner abdominal. Les traitements font appel à la chirurgie et à la chimiothérapie. Il existe des formes familiales de cancer du rein ; une analyse génétique est donc souvent pratiquée lorsque la maladie est diagnostiquée chez une personne de 30 ou 40 ans. Si une prédisposition héréditaire est repérée, les membres de la famille pourront être étroitement surveillés.
  • Le cancer de la vessie (près de 12 000 cas/an en France) est en grande partie lié au tabagisme et à l’exposition à certains produits toxiques utilisés dans l’industrie. Il touche quatre fois plus les hommes que les femmes, majoritairement autour des 70 ans. La part des femmes concernées croît en raison de l’augmentation de leur tabagisme. L’élément qui fait souvent suspecter un cancer de la vessie est la présence de sang visible dans les urines. L’envie d’uriner fréquemment et les brûlures urinaires sans infection urinaire ni calculs, sont des signes plus tardifs. Les examens de diagnostic sont l’échographie de l’appareil urinaire, l’analyse d’urines et l’exploration de la vessie par cystoscopie qui peut être suivie d’une résection chirurgicale par les voies naturelles, dans un but diagnostique et parfois de traitement. Plusieurs types de traitements sont disponibles selon chaque cas : chirurgie (retrait de la vessie, confection d’une néo-vessie ou mise en place d’une poche extérieure), chimiothérapie ou des traitements plus ciblés par immunothérapie ou encore radiothérapie.

Source: https://curie.fr/page/les-cancers-urogenitaux

Cancer chez les personnes agées

La pathologie cancéreuse est particulièrement fréquente dans la population âgée, avec un risque évolutif  non négligeable pour certains cancers. Il n’y a pas d’âge officiel déterminé à partir duquel on parle de « personne âgée ».  Le curseur est souvent placé à 70-75 ans en cancérologie, sachant que l’âge physiologique est plus important à considérer que l’âge civil. Avec l’âge, d’autres problèmes de santé  ou handicaps peuvent survenir, et compliquer la prise en charge du cancer.

Si tous les traitements peuvent être envisagés, ils doivent être adaptés à l’âge physiologique des patients et à leur état de santé global. Le recours aux traitements standards n’est pas toujours possible.

Une évaluation de l’état de santé général de la personne âgée est réalisée en étroite collaboration avec un gériatre qui explore plusieurs domaines : médical, neuropsychologique, socio environnemental et spirituel. Cette évaluation détermine les capacités de la personne à tolérer les traitements anti-cancéreux envisagés quels qu’ils soient : chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, thérapie ciblée, immunothérapie. C’est ce qu’on appelle « l’évaluation gériatrique approfondie (EGA) ».

L’EGA est tout aussi capitale que l’analyse précise de la tumeur pour aboutir à une prise en charge globale personnalisée.

Cette évaluation n’est pas systématique. Elle est particulièrement indiquée en cas de fragilité dépistée, et notamment  quand les traitements envisagés sont à risque d’effets secondaires importants (par exemple chimiothérapie ou chirurgie lourde).

Source: https://curie.fr/page/le-cancer-chez-les-personnes-agees

Progresser grâce à la recherche

L’objectif aujourd’hui est de guérir toujours plus d’enfants, tout en limitant au maximum les effets secondaires. Pour y parvenir, il faut multiplier les essais cliniques, explique le Dr Olivier Delattre.


Le combat contre les cancers de l’enfant est bien engagé mais encore loin d’être gagné
"En recherche fondamentale nous tentons de comprendre la manière dont se développent les tumeurs, en particulier leurs liens avec le développement de l’enfant, explique le Dr Olivier Delattre, directeur délégué à la recherche biomédicale du Centre de Recherche de l’Institut Curie. Aujourd’hui, près de 80% des enfants guérissent de leur cancer. Tout l’enjeu est d’en guérir toujours plus et avec le moins de séquelles possibles. Notre objectif est d’améliorer la prise en charge clinique en mettant en œuvre des essais thérapeutiques notamment"

Avantage de l’Institut, la proximité entre recherche et hôpital permet à des cliniciens de travailler dans des unités de recherche. Grâce à ce mode de fonctionnement, les interactions génétiques, le risque évolutif des tumeurs et leur modélisation sont de mieux en mieux cernés.

Proposer aux enfants atteints d'un cancer des traitements toujours plus innovants
Fortes sur le site de Paris, les recherches en oncopédiatrie se développent aussi sur le site d’Orsay de l’Institut Curie :

  • deux groupes de recherche travaillent en lien étroit avec le centre de Protonthérapie afin d’optimiser les traitements destinés aux enfants ;
  • les chimistes étudient les approches de photosensibilisation pour le rétinoblastome.

"Le département de recherche translationnelle est à pied d’œuvre pour faire le lien entre recherche fondamentale et recherche clinique, en particulier dans la création de biomarqueurs permettant de préciser le risque d’évolution de la tumeur à un instant T. Il conditionne la nature et l’intensité du traitement délivré à l’enfant et donc sa survie"

précise le Dr Delattre.

Il héberge notamment une équipe de Recherche Translationnelle en oncologie pédiatrique, financée par le SiRIC, dont l’objectif est d’améliorer la prise en charge des neuroblastomes et des tumeurs rhabdoïdes.

Pour poursuivre cette démarche qui a déjà porté ses fruits, l’institut Curie s’est engagé à resserrer les liens entre les équipes de recherche et le département de Pédiatrie, adolescents et jeunes adultes.

L’Institut Curie participe ou coordonne de nombreuses études cliniques d’envergure internationale
Dimension indispensable pour faire progresser les connaissances sur ces maladies rares. L’Institut Curie a en outre obtenu en 2015 le label « Centre d’essais cliniques de phase précoce (CLIP²) » de l'INCa, qui lui donne la possibilité de mener des essais précoces aussi en pédiatrie.

Tumeurs cérébrales

Les tumeurs cérébrales de l’enfant peuvent survenir à tout âge, de la petite enfance à l’adolescence. On distingue trois grands types de tumeurs, qui regroupent la plupart à eux seuls la majorité des tumeurs cérébrales.

  • Les tumeurs gliales. Ce sont les plus fréquentes, quel qu’en soit le siège. Elles regroupent des maladies de pronostic très divers (bon pronostic des tumeurs de bas grade, pronostic réservé des tumeurs de haut grade).
  • Les tumeurs embryonnaires. Elles représentent plus de  20% des tumeurs cérébrales, notamment le médulloblastome, localisé au niveau du cervelet, ainsi que les tumeurs tératoïdes  rhabdoïdes  atypiques (AT/RT).
  • Les épendynomes. Ils représentent moins de 10% des tumeurs cérébrales.
  • Parmi les autres tumeurs cérébrales, citons les tumeurs germinales malignes intracrâniennes et craniopharyngiomes .

Les symptômes liés à la tumeur sont souvent difficiles à reconnaître. Ils sont souvent liés, dans un premier temps, à l’hypertension intracrânienne provoquée par la tumeur. Cela peut notamment se traduire par des maux de tête, des vomissements, un strabisme ou encore des troubles du sommeil, de l’humeur ou des apprentissages. Les signes neurologiques sont inconstants et dépendent de la localisation tumorale : troubles moteurs, visuels, de phonation, de déglutition, de l’équilibre… Chez les jeunes enfants, les symptômes peuvent aussi être à type de pertes d’acquisitions psychomotrices ou d’augmentation du périmètre crânien.

L’examen de référence pour confirmer le diagnostic est l’IRM, suivie lorsque c’est possible d’un geste chirurgical pour réaliser l’exérèse de la tumeur ou d’en prélever une partie (biopsie) afin de l’analyser. Certaines rares tumeurs (tumeurs germinales sécrétantes) peuvent être diagnostiquées par le dosage de marqueurs dans le sang ou le liquide céphalo-rachidien. Les progrès des dernières années permettent de mieux caractériser les tumeurs sur le plans biopathologique, ce qui permet d’adapter les traitements.

Le traitement standard des tumeurs cérébrales de l’enfant s’appuie sur les trois principales armes thérapeutiques dans le traitement des cancers.

  • La chirurgie. Elle consiste, dans la mesure du possible et selon la localisation, à retirer tout ou partie de la tumeur.
  • La radiothérapie est également couramment utilisée pour traiter les tumeurs cérébrales de l’enfant, en utilisant des techniques épargnant le plus possible les tissus sains.
  • Les médicaments anti-tumoraux constituent aussi souvent une part composante importante de ces traitements.

Le pronostic des tumeurs cérébrales de l’enfant est très variable selon le type de tumeur et son stade de développement. Les séquelles liées à la maladie et aux traitements constituent une préoccupation majeure pour les médecins et les chercheurs. Les recherches actuelles ont pour but non seulement d’améliorer le pronostic mais aussi de limiter au maximum les effets secondaires de la maladie et des traitements, particulièrement importants sur le système nerveux en développement.

 

Source: https://curie.fr/page/les-tumeurs-cerebrales-de-lenfant

Ostéosarcomes et tumeurs d'Ewing

Les ostéosarcomes. La majorité de ces tumeurs surviennent autour du genou. D’autres localisations sont possibles, le plus souvent sur un os long. Le site préférentiel des métastases est le poumon, puis les autres os. 

Le traitement des ostéosarcomes, localisés ou métastatiques, se déroule le plus souvent en trois étapes.

  • Une chimiothérapie dite néo-adjuvante (avant tout autre traitement) pour réduire la taille de la tumeur et limiter la propagation des métastases.
  • Un traitement local, le plus souvent une chirurgie, permettant l’exérèse (ou retrait) totale de la tumeur et la reconstruction du membre touché. Dans certains cas, le traitement conservateur n’est pas possible et le membre doit être amputé. Ces traitements orthopédiques exigent l’intervention d’experts chirurgicaux.
  • Une chimiothérapie adjuvante, ou post-opératoire, adaptée aux résultats suite à la chirurgie et liée à l’analyse au microscope de la pièce opératoire

Le traitement dure environ 9 mois. Un suivi étroit sera ensuite nécessaire pour vérifier qu’il n’y a pas de récidive ou de complications. La consultation de surveillance, qui a lieu tous les trois mois pendant deux ans puis de manière plus espacée, inclut un examen clinique et des examens d’imagerie adaptés.

Les sarcomes d’Ewing se développent le plus souvent à partir d’un os et envahissent les parties molles voisines : muscles, graisse, nerfs… Ils se développent souvent au niveau du bassin et de la colonne vertébrale mais peuvent survenir partout dans le corps. Les métastases sont possibles, essentiellement au niveau des poumons, des os et de la moelle osseuse. Les sarcomes d’Ewing touchent surtout les jeunes entre 13 et 25 ans mais peuvent concerner les enfants plus jeunes et les adultes.

Le traitement comprend souvent plusieurs axes thérapeutiques :

  • chimiothérapie ;
  • radiothérapie ;
  • chirurgie.

La prise en charge est adaptée au stade de la maladie, mais la première étape est toujours la chimiothérapie, pour réduire la tumeur et limiter la propagation métastatique. La deuxième étape consiste en un traitement local : chirurgie et/ou radiothérapie. Une chimiothérapie adjuvante peut être décidée. Certains cas de sarcomes d’Ewing peuvent nécessiter une chimiothérapie dite « haute dose » avec autogreffe de cellules souches. Le suivi post-traitement suit la même configuration que pour les ostéosarcomes.

Source: https://curie.fr/page/les-osteosarcomes-et-les-tumeurs-dewing

Neuroblastome

Le neuroblastome est la tumeur maligne solide extra-cérébrale la plus fréquente du jeune enfant. Cette tumeur se caractérise par une extrême variabilité clinique et évolutive, allant de la régression spontanée sans traitement à la progression rapidement fatale, malgré une fréquente diminution, voire disparition des signes sous chimiothérapie intensive.


Caractéristiques et diagnostic du neuroblastome
La cause du neuroblastome n’est pas connue dans la majorité des cas. Cependant des syndromes de prédisposition ont été décrits : neurofibromatose de type 1, maladie de Hirschsprung, syndrome d’Ondine. Très exceptionnellement, le neuroblastome a été observé en association avec un syndrome de Beckwith-Wiedemann ou un syndrome de Di-George.

Le neuroblastome se développe à partir du système nerveux sympathique, principalement dans l’abdomen, parfois le long de la colonne vertébrale ou au niveau des glandes surrénales. Les autres localisations, quoique plus rares, peuvent être le thorax, le cou ou le pelvis.

Le traitement dépend de quatre critères principaux : l’âge de l'enfant au diagnostic, le stade d’extension, la possibilité d'une chirurgie de la tumeur primitive, ainsi que l’amplification du gène N-myc. En effet, parmi les altérations génétiques décrites dans le neuroblastome, un facteur pronostic majeur a été identifié au cours des années 80 : la présence de multiples copies de l’oncogène N-myc dans une cellule tumorale. Celles-ci sont associées à un risque élevé de développer des métastases. L’analyse de ce gène fait donc désormais partie de l’arsenal diagnostique. Celui-ci permet de classer les neuroblastomes en différents stades classés de 1 à 4 et 4s. Les stades 1, 2 et 3 correspondent aux formes localisées alors que le stade 4 correspond aux formes métastatiques. Le stade 4s se caractérise par la présence de métastases hépatiques et cutanées généralement importantes, parfois dans la moelle osseuse, mais jamais osseuse. Cette forme tumorale, assez particulière, régresse dans la grande majorité des cas, soit spontanément, soit suite à une chimiothérapie peu agressive.

Choisir le bon traitement pour une tumeur donnée
Pour les tumeurs opérables d’emblée, une chirurgie seule sera le plus souvent suffisante; pour les tumeurs non opérables d’emblée, une chimiothérapie pré-chirurgicale est nécessaire avant la chirurgie. Dans les formes métastatiques et/ou en cas d’amplification l’oncogène N-Myc, une consolidation par une chimiothérapie intensive avec greffe de cellules souches est le plus souvent indiquée. La radiothérapie locale reste réservée aux formes de mauvais pronostic.

En 2005, l’analyse du suivi de 905 enfants atteints de neuroblastome localisé traités chirurgicalement dans 10 pays européens entre janvier 1995 et octobre 1999 a permis d’établir des recommandations. Cette analyse, la première d’une telle envergure, sert désormais de base à l’émergence d’une chirurgie plus homogène pour traiter les enfants atteints de neuroblastome localisé et diminuer ainsi les séquelles des traitements chirurgicaux trop précocement entrepris chez les jeunes patients concernés.

Vers des premiers traitements personnalisés du neuroblastome
Parallèlement, les évolutions des techniques de génétiques offrent la possibilité de mieux décrypter les anomalies en jeu dans le développement du neuroblastome. Ainsi l’altération du gène Alk est un événement fondateur du développement de certains neuroblastomes. Compte-tenu de ces caractéristiques, c’est un parfait candidat pour la mise au point d’une thérapie ciblée. D’ailleurs, des études cliniques sont actuellement en cours pour évaluer l’efficacité d’une thérapie ciblée sur cette altération chez les enfants atteints de neuroblastome.

D’autre part, un protocole européen, LINES, actuellement en cours vise à adapter l’intensité des cures de chimiothérapies en fonction du profil génomique. 

Les recherches se poursuivent pour mieux comprendre les rechutes survenant chez les jeunes enfants et trouver une piste pour les traiter. Parmi les autres pistes étudiées par l’équipe d’Oncologie pédiatrique de la pédiatre Gudrun Schleiermacher figure l’établissement d’un diagnostic précis à partir d’une simple prise de sang. L’analyse de l’ADN tumoral circulant apparaît comme un substitut pour établir le profil génomique du neuroblastome, dans les cas où un accès à la tumeur elle-même n’est pas possible, ou pour suivre l’évolution tumorale.

Source: https://curie.fr/dossier-pedagogique/cancers-de-lenfant-le-neuroblastome

Rhabdomyosarcomes

Les rhabdomyosarcomes touchent davantage les garçons que les filles et surviennent le plus souvent au niveau de la tête et du cou, plus rarement dans la région génito-urinaire ou les membres, mais peuvent cependant concerner toutes les parties du corps. C’est le plus fréquent des cancers des tissus mous chez les enfants.


Caractéristiques et pronostic du rhabdomyosarcome
L’origine de ces cancers est la cellule embryonnaire mésenchymateuse, soit les cellules formant le tissu de soutien embryonnaire à l'origine des divers tissus chez l'adulte, ce qui explique qu’ils puissent se retrouver partout dans l’organisme.

Le pronostic dépend de l’âge de l’enfant, de l'étendue de la tumeur primitive, de sa localisation, de sa taille, de son opérabilité et du type morphologique. Les rhabdomyosarcomes sont en effet classés en deux sous-types, alvéolaires ou embryonnaires, en fonction de leurs caractéristiques morphologiques. Les rhabdomyosarcomes alvéolaires sont plus fréquents chez l’adolescent et se localisent plus volontiers au niveau des extrémités.

Des traitements "rodés" et adaptés aux différentes formes
Le traitement des rhabdomyosarcomes associe chimiothérapie, chirurgie et, le plus souvent, une radiothérapie. La chirurgie est proposée en première intention lorsque les tumeurs sont de petite taille et facilement accessibles. Sinon, une chimiothérapie dite néo-adjuvante est pratiquée pour réduire la taille de la tumeur. Plusieurs molécules, seules ou en association, peuvent être administrées en privilégiant les associations qui affectent le moins la fertilité chez les garçons.

La radiothérapie vient le plus souvent après la chirurgie pour éliminer les éventuelles cellules tumorales encore présentes.

Dans le cas des tumeurs maxillo-faciales et urogénitales, la radiothérapie peut se faire par protonthérapie. Cette forme ultra-précise de radiothérapie limite l’irradiation des tissus sains et donc les séquelles.

Les formes alvéolaires étant plus agressives que les autres, leur traitement est beaucoup plus lourd et nécessite le recours à des radiothérapies et à des chimiothérapies plus intensives. Cette stratégie thérapeutique a fortement contribué à améliorer le pronostic des rhabdomyosarcomes alvéolaires. 

La génétique pour mieux diagnostiquer les rhabdomyosarcomes
Les traitements intensifs peuvent avoir des conséquences à long terme, surtout chez les jeunes enfants (cancers secondaires, infertilité, etc.). Il est donc crucial de les administrer uniquement aux enfants présentant des formes de rhabdomyosarcomes très agressives. Ces dernières années, les connaissances moléculaires sur les rhabdomyosarcomes ont largement progressé. Une altération génétique permettant de distinguer les rhabdomyosarcomes de bon et de mauvais pronostic semble avoir été identifiée et être plus significative que les caractéristiques morphologiques pour les distinguer.

Ce nouveau classement permettrait d’éviter des traitements lourds et leurs conséquences aux enfants atteints de tumeurs jusqu’à présent définies comme à haut risque et qui, au vu de cette nouvelle étude, semblent plutôt à risque standard. A contrario, il permettra d’intensifier les traitements chez les patients classés à haut risque.

Médulloblastome

Les médulloblastomes (MB) sont des tumeurs pédiatriques du cervelet. Très hétérogènes, les différents types de MB sont regroupés en quatre groupes principaux auxquels correspondent des caractéristiques cliniques et taux de survie très variables. Parmi ces groupes, le groupe 3, dont le taux de survie à 5 ans est le plus faible en raison de rechutes très fréquentes, est très mal caractérisé d’un point de vue moléculaire. Décrypter ses spécificités est aujourd’hui indispensable au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Les cellules cancéreuses ont la particularité de proliférer de façon anarchique. Il arrive même à certaines d’adopter les caractéristiques moléculaires de types cellulaires qui leur sont normalement étrangers. Ainsi, des cellules de MB de groupe 3 suivent parfois de façon aberrante le chemin des cellules de la rétine. Celio Pouponnot et son équipe « Signalisation Raf et Maf dans l’oncogenèse et le développement » (CNRS/INSERM/Institut Curie) se sont arrêtés sur cette particularité et ont étudié ce qu’elle impliquait. En collaboration avec le Dr Franck Bourdeaut à l’Institut Curie et le Pr Paul Northcott au St. Jude Children's Research Hospital de Memphis (USA) ils ont remarqué que NRL, une des molécules normalement spécifiques des photorécepteurs, mais exprimée dans le médulloblastome, était directement liée à la prolifération cellulaire en combinant une action anti-mort cellulaire à une contribution dans le processus de division cellulaire. Agir au niveau de NRL ou de ses cibles moléculaires pourrait donc être envisagé comme une nouvelle stratégie thérapeutique. Si cette piste de recherche est prometteuse, elle doit faire l’objet d’études plus poussées puisque les molécules à notre disposition à ce jour sont peu spécifiques et seraient par conséquent très toxiques pour l’Homme.

Source: https://curie.fr/actualite/cancers-de-lenfant/dans-loeil-du-medulloblastome

Rétinoblastome

Tumeur cancéreuse de l’œil, le rétinoblastome atteint les cellules de la rétine. Relativement simple, le diagnostic reste parfois encore trop tardif. Pourtant, les signes cliniques tels que le reflet blanc dans la pupille ou la présence d'un strabisme sont bien connus et doivent impliquer un examen ophtalmologique avec fond d’œil dans les meilleurs délais. La précocité du diagnostic conditionne la mise en œuvre de traitements conservant au mieux les yeux la vision.

Le rétinoblastome survient, pour la moitié des cas, dans un contexte de prédisposition génétique. L'enfant est porteur d'une anomalie constitutionnelle du gène RB1, c’est-à-dire d’une mutation présente dans toutes ses cellules. Cette anomalie confère alors un risque très élevé (90%) de développer un rétinoblastome. 

Une fois la mutation RB1 familiale identifiée chez une personne ayant eu un rétinoblastome, des consultations spécifiques permettent de proposer un test individuel aux apparentés (fratrie, cousins, descendants) indemnes de la maladie mais potentiellement porteurs de la mutation. Ceci dans le but de mettre en place une surveillance ophtalmologique en milieu spécialisé pour dépister précocement l’apparition possible de la maladie. Les sujets porteurs d’une anomalie constitutionnelle du gène RB sont également à risque de développer des deuxièmes cancers d’une façon significativement plus élevée que la population générale (sarcomes, pinéaloblastome, mélanome, gliomes…). Certains de ces deuxièmes cancers peuvent être favorisés par les traitements du rétinoblastome lui-même.

Source: https://curie.fr/page/le-retinoblastome

Chirurgie

A l’exception des carcinomes épidermoïdes et des cancers du canal anal, la chirurgie est indiquée dans le traitement de la plupart des tumeurs. Elle constitue le plus souvent la première étape du traitement et peut-être suivie de chimiothérapie et/ou de radiothérapie.

La chirurgie du cancer consiste bien sûr à retirer la tumeur aussi précisément que possible. Mais elle est également le plus souvent complétée par un curage ganglionnaire : le chirurgien retire autant que possible tous les ganglions qui drainent la tumeur et seraient donc susceptibles d’être touchés à leur tour. Pour le cancer du sein, la technique du ganglion sentinelle permet de prélever un seul ganglion. S’il apparaît sain, les autres seront conservés, tandis que s’il est touché, la chaîne ganglionnaire sera retirée. Ces interventions sont généralement pratiquées lors de la même anesthésie. L’analyse de ces ganglions aidera également à décider des suites à donner à l’intervention chirurgicale (chimiothérapie, radiothérapie, etc.).

Source: https://curie.fr/page/chirurgie-0

Chirurgie reconstructrice et cancer

Le cancer du sein touche chaque année plus de 55 000 personnes. Un tiers des patientes seront traitées par mastectomie (ablation complète du sein). Les techniques de reconstruction font partie intégrante de la prise en charge de ces cancers. L’ablation et la reconstruction peuvent parfois être pratiquées au cours d’une même intervention ou de manière différée.

La reconstruction peut faire appel à un implant prothétique identique à ceux utilisés en chirurgie esthétique. Mais, de plus en plus souvent, elle est effectuée grâce aux tissus de la patiente. On parle alors de reconstruction autologue. Ses résultats sont souvent plus naturels et plus satisfaisants et nécessitent moins de ré-interventions ultérieures.

Les chirurgiens utilisent des « lambeaux ». Il peut s’agir d’un lambeau dit pédiculé comme le lambeau de muscle grand dorsal (muscle du dos), qui est partiellement détaché, pour reconstruire le sein, son volume et sa forme. On peut aussi utiliser un lambeau libre, entièrement prélevé puis greffé. La technique la plus pratiquée s’appelle le Diep, pour Deep Inferior Epigastric Perforator flap (lambeau de vaisseaux perforants épigastriques inférieurs). Elle consiste à prélever au niveau de l’abdomen un ensemble de graisse et de peau ainsi que l’artère et la veine qui les vascularisent et de rebrancher cette artère et cette veine au niveau de vaisseaux présents sur le thorax par micro-chirurgie. Le sein peut également être reconstruit par le prélèvement et la réinjection de graisse provenant de la patiente (lipomodelage).

Ces techniques de chirurgie reconstructrice peuvent par ailleurs être utilisées en cas de traitement conservateur (quand seule la tumeur est retirée et le sein conservé), pour prévenir et prendre en charge les séquelles esthétiques ainsi que les séquelles de traitement.

Source: https://curie.fr/page/chirurgie-reconstructrice-et-cancer

Radiothérapie

La radiothérapie peut être à visée curative, pour soigner le patient, ou à visée palliative, pour traiter les métastases, notamment cérébrales, ou réduire la douleur liée aux métastases osseuses. Elle est parfois utilisée seule, par exemple pour traiter certaines tumeurs du cerveau, du poumon ou gynécologiques, qui ne peuvent pas être enlevées par chirurgie. Elle est aussi couramment utilisée en association avec la chirurgie et les traitements médicamenteux dans le cadre d’une prise en charge multidisciplinaire. La radiothérapie permet souvent d’éviter des chirurgies mutilantes et de préserver ainsi l’organe atteint (sein, rectum, sphère ORL…).

Plusieurs types d’irradiations sont possibles.

  • La radiothérapie externe est la plus souvent utilisée. Elle consiste à délivrer par des accélérateurs de particules un faisceau d’électrons, de photons ou de protons (protonthérapie) dans le volume tumoral.
  • La curiethérapie consiste à mettre au contact ou à l’intérieur des tumeurs des sources radioactives, ce qui permet un traitement plus ciblé. Elle peut être prescrite pour certains cancers de la prostate, gynécologiques, du canal anal ou de l’œil.

L’effet biologique principal des radiations ionisantes est de casser les brins d’ADN des cellules tumorales, soit directement, soit par le biais de radicaux libres, ce qui entraîne la mort de ces cellules.

Tout traitement par irradiation nécessite un temps de préparation au cours duquel les spécialistes effectuent un repérage précis des volumes à irradier, à partir d’un scanner effectué en position de traitement, auquel sont parfois fusionnées les images d’IRM ou de TEP-scan. Ces images vont également permettre de repérer les organes sains adjacents au volume traité et d’établir un plan de traitement personnalisé pour chaque patient.

Pour assurer les meilleures conditions d’efficacité, la précision de la délivrance du traitement et les contrôles de qualité mis en œuvre sont cruciaux.

La dosimétrie prévisionnelle est préparée par des dosimétristes, vérifiée par les physiciens médicaux et validée par les oncologues radiothérapeutes. Les paramètres du plan de traitement sont vérifiés par la radio-physicien.

Tous les jours, le positionnement du patient sur la table de traitement est minutieusement vérifié. La dose effectivement reçue est systématiquement mesurée et comparée à la dose prévue. Pendant toute la durée du traitement, une consultation médicale hebdomadaire permet un suivi médical strict.

Source: https://curie.fr/page/radiotherapie

Chimiothérapie et Hormonothérapie

Qu’est-ce que la chimiothérapie ?
L’objectif de la chimiothérapie est d’aller tuer les cellules cancéreuses. Elle peut être prescrite…

  • En situation adjuvante, lorsque la tumeur a été enlevée, pour s’assurer qu’il ne reste pas de cellules cancéreuses.
  • En situation néo-adjuvante, pour réduire la taille de la tumeur avant la chirurgie : cela permet de limiter les séquelles potentielles liées à la chirurgie.
  • En cas de maladie métastatique, pour traiter l’ensemble de l’organisme.

Il existe de nombreux types de chimiothérapies, qui sont utilisés en fonction des caractéristiques du cancer.

La chimiothérapie est souvent administrée par voie intraveineuse. Elle se déroule alors le plus souvent sous forme de séances de quelques minutes à quelques heures, en hôpital de jour. Les séances sont renouvelées tous les 15 jours ou trois semaines.

La chimiothérapie peut également être prise par voie orale : il s’agit alors d’un comprimé, que l’on peut prendre à la maison.

Les chimiothérapies comportent un inconvénient important : elles ne savent pas bien faire la distinction entre les cellules cancéreuses et les cellules saines. Elles vont donc détruire une bonne partie des cellules à renouvellement rapide de l’organisme. C’est ce qui explique les nombreux effets secondaires possibles tels que la perte de cheveux, les problèmes d’ongles ou de peau mais aussi les nausées. La chimiothérapie provoque aussi, souvent, une diminution transitoire des défenses immunitaires : le patient doit donc recevoir des conseils pour bien réagir en cas d’infection.

Qu’est-ce que l’hormonothérapie ?
Certains cancers, notamment parmi les cancers du sein et de la prostate, sont sensibles aux hormones sexuelles : celles-ci stimulent la croissance des cellules cancéreuses. En allant « bloquer » le récepteur hormonal sur ces cellules cancéreuses, on les empêche de proliférer.

Certains effets secondaires peuvent apparaître, tels qu’une sécheresse vaginale ou une baisse de la libido, mais ils sont totalement réversibles à l’arrêt du traitement. L’hormonothérapie est le plus souvent très efficace, notamment dans le traitement des cancers du sein hormono-dépendants (près des trois-quarts des cancers du sein), où elle est souvent prescrite en complément d’une chimiothérapie. Elle a fait chuter la mortalité liée aux cancers du sein.

Source: https://curie.fr/page/chimiotherapie-et-hormonotherapie

Protonthérapie

C’est une radiothérapie externe utilisant l’énergie d’un faisceau de protons pour détruire les cellules tumorales. En raison des propriétés physiques de ce faisceau, la dose d’irradiation délivrée au niveau la tumeur peut être augmentée alors que celle délivrées aux tissus sains proches de la tumeur est minimisée. En effet le proton (partie du noyau d’un atome) à une charge positive et un poids, contrairement aux photons X. Il peut donc être précisément dirigé vers sa cible grâce à des lentilles magnétiques. Il dépose ainsi la totalité de son énergie à une profondeur déterminée, en l’occurrence au niveau de la tumeur.

En outre la radiothérapie dite classique utilise plusieurs faisceaux de photons pour traiter une tumeur. Là, où un seul faisceau de proton permet d’atteindre la tumeur en épargnant d’autant plus les tissus sains situés en amont de celle-ci.

Cette forme de radiothérapie permet par ailleurs de délivrer des doses importantes et ainsi de détruire des tumeurs radio-résistantes proches d’organes sensibles comme les tumeurs malignes intra oculaires, les tumeurs de la base de crane et du rachis.

Elle réduit notablement le volume de tissus sain traversés par les rayons comparativement aux photons et permet dans certaines situations cliniques de diminuer le risque de toxicité. C’est une radiothérapie particulièrement adaptée pour l’irradiation de certaines tumeurs de l’enfant et du jeune adulte.

Source: https://curie.fr/page/protontherapie

Immunothérapie

L’immunothérapie consiste à utiliser le système immunitaire pour éliminer les cellules cancéreuses, comme il le fait pour s’attaquer aux bactéries et aux virus. Ce traitement plutôt que de cibler directement les cellules cancéreuses, apprend au système immunitaire à les reconnaître et à les détruire. Ce type de traitement peut viser différentes cellules impliquées dans la réponse immunitaire.

L’immunothérapie qui recouvre plusieurs approches thérapeutiques, a rencontré de nombreux succès ces dernières années. Certaines immunothérapies sont déjà autorisées et d’autres sont en cours d’évaluation :

  • Les vaccins thérapeutiques contre le cancer : Les vaccins traditionnels activent spécifiquement le système immunitaire pour qu’il se défende contre les bactéries ou les virus. Les vaccins contre le cancer lui apprennent à s’attaquer aux cellules cancéreuses. Cet apprentissage consiste à présenter au système immunitaire une protéine localisée sur les tumeurs. Le seul vaccin homologué à ce jour traite les formes avancées de cancer de la prostate. D’autres sont à l’étude.
     
  • Débloquer le système immunitaire pour qu’il s’attaque aux cellules tumorales : C’est la stratégie qui a connu le plus grand développement ces dernières années. Tout est parti d’un constat : les cellules tumorales ont la capacité de contourner le système immunitaire en activant des éléments inhibiteurs de la réponse immune appelés « points de contrôle » ou « check-point » immunitaires. Il existe déjà plusieurs traitements à base d’anticorps capables d’empêcher l’action de ces check-points immunitaires et donc de débloquer le  « verrouillage » du système immunitaire pour lui permettre de rejeter les tumeurs. Ces traitements ont déjà fait leurs preuves dans plusieurs localisations tumorales, notamment entre autres les cancers du poumon, le mélanome, le cancer du rein. Malheureusement, aujourd’hui, la majorité des patients ne répondent pas à ces traitements et la recherche doit continuer pour augmenter le nombre de personnes pouvant bénéficier des immunothérapies. Certaines pistes sont déjà prometteuses et de nombreux essais sont en cours pour allonger la liste des cancers qui seront guéris grâce aux immunothérapies.  

Source: https://curie.fr/page/immunotherapie-0

Thérapies ciblées

Elles ont révolutionné les traitements contre le cancer. Les thérapies ciblées consistent à cibler une particularité de la cellule cancéreuse et à bloquer cette cible, impliquée dans la chaîne d’informations responsable de la prolifération des cellules. Ainsi, la cellule cancéreuse ne peut plus se reproduire. Ces thérapies sont donc basées sur le profil moléculaire de la tumeur et non plus sur son emplacement : une même thérapie peut fonctionner pour des cancers sur des organes différents, s’ils portent une même particularité moléculaire. Pour le savoir, il faut analyser l’ADN de la cellule cancéreuse et partir à la recherche d’anomalies pour lesquelles une thérapie ciblée peut fonctionner. Elles sont souvent prescrites en complément de la chimiothérapie.

Aujourd’hui, il existe une trentaine de thérapies ciblées, réparties en plusieurs familles : les anticorps, qui vont s’attaquer à une cible précise à la surface de la cellule, et les inhibiteurs qui vont plutôt se rendre à l’intérieur de la cellule pour bloquer une étape de la reproduction.

En 2013, une autre forme de thérapie ciblée a connu un véritable essor, basée sur les inhibiteurs de checkpoints immunitaires. Les chercheurs se sont rendu compte que les cellules cancéreuses avaient parfois le pouvoir de faire baisser les défenses immunitaires qui auraient pu les évacuer de l’organisme. Certaines thérapies permettent aujourd’hui de bloquer les récepteurs des lymphocytes sensibles aux attaques cancéreuses : ils ne sont pas supprimés et peuvent continuer à exterminer les cellules cancéreuses. Le traitement aide ainsi l’organisme à se défendre lui-même contre le cancer. Ces techniques donnent aujourd’hui des résultats prometteurs dans le traitement de cancers habituellement de mauvais pronostic tels que certains cancers du poumon ou de la vessie.

Source: https://curie.fr/page/therapies-ciblees