Janvier-Juin 2020 : l'équipe de C3Medical China au coeur de la lutte contre le COVID-19

Tel un signe noir, le COVID-19 a fait une soudaine irruption sur la scène internationale pour les fêtes de fin d’année 2019. En particulier, pour l’équipe de C3Medical China basée à Shanghai qui fut plongée au cœur de la crise.

JANVIER - PREMIERES ALERTES
Début janvier, alors que nous étions en visites de travail avec le Pr. Bey et de Dr. Anhoury de l’Institut Curie auprès des hôpitaux de pointe de la Jiaotong Medical University de Shanghai - le Ruijin Hospital et le XinHua Cancer Hospital for Children -, nous avons pris la mesure à la fois de l’inquiétude et de mobilisation grandissante de nos interlocuteurs. 
Un phénomène nouveau, de grande ampleur, prenait naissance sous nos yeux, sans que nous sachions pour l’heure, s’il s’agissait d’une alerte et d’une mobilisation justifiées : le virus, sa dangerosité, sa vitesse de contagion n’étant pas encore correctement évalués. 
Sitôt rentrés en France, les contacts quotidiens, les informations convergentes « d’initiés » que nous recevions à la fois de notre équipe de Shanghai, des équipes médicales des hôpitaux partenaires chinois et de la communauté française, nous convainquirent qu’un tsunami médical venait de toucher la Chine. 
Dès fin janvier, la fermeture sanitaire du Hubei et de sa ville capitale Wuhan puis le confinement progressif et massif de toute la Chine ne laissèrent plus de doute. 

FEVRIER - CONFINEMENT DE L’EQUIPE CHINOISE ET PREMIERES PRIORITES D’ACTION : LES PATIENTS D’ABORD
La question restait de savoir si cette épidémie deviendrait pandémie mondiale, et plus précisément, toucherait l’Europe et surtout, la France. Et si oui, à quelle vitesse, afin de nous y préparer. Notamment, pour l’accueil des patients chinois prévus en traitement en ce début 2020. 
Tâche prioritaire à laquelle, notre équipe chinoise s’attela bien que maintenant totalement confinée mais restée pleinement active, via les outils de vidéo-conférence, ou notre système BestCare.
A Paris, les équipes se mobilisaient à son coté en apportant un soutien affectif et total, notamment aux patients en cours de traitement et leur famille accompagnante dont l’angoisse montait, tout en examinant la faisabilité avec les hôpitaux concernés, de recevoir les patients programmés.
Malheureusement, au vu de l’épidémie qui prenait des proportions alarmantes, les hôpitaux français prenaient les premières mesures de protection – telles que décrites par le Dr. Anhoury - décidant début février de fermer temporairement l’accueil aux patients originaires d’Asie, au premier rang desquels, les citoyens chinois. 
Cette décision drastique fut un crève-cœur pour toutes les parties prenantes mais la suite des événements nous montra que ce fut la bonne approche en termes de sécurité et de bien-être à la fois pour les patients et les soignants. 

MARS - LA LUTTE DES EQUIPES C3MEDICAL CONTRE LE COVID-19 CHANGE DE NATURE
Fin février, notre activité de « medical travel » de la Chine vers la France se mettait en sommeil, en attente de jours meilleurs.
En parallèle, notre équipe C3Medical China se retrouvait au centre de nouvelles sollicitations. 
Tout d’abord de soutien moral auprès de nos amis du corps médical chinois qui appréciaient les messages d’amitié de la part de leurs homologues français que nous leur adressions régulièrement. Cela nous semblait bien peu de chose mais – comme nous avons pu nous en apercevoir par la suite -, ce fut un petit plus déterminant pour leur moral. 
Savoir qu’ils bénéficiaient de l’admiration et de l’estime de leurs lointains mais prestigieux confrères, dans leur lutte pour endiguer la pandémie, était un motif de grande fierté, de « dopage » de leur moral.
Ainsi, outre ceux des hôpitaux de Shanghai cités précédemment, les liens entre C3Medical, l’Institut Curie et l’hôpital de référence du groupe des assurances Taikang (3è chinois, 230 millions de clients, 800 000 collaborateurs), le Drum Tower de Nanjing parti en grand renfort de l’hôpital « frère » Taikang de Wuhan, se resserrèrent. 
En symétrique, au fur et à mesure de l’avancée dans la lutte et des premiers signes de succès, nous eûmes la primeur des premiers retours d’expérience, notamment de ce qui semblait fonctionner : politique de confinement, port systématique du masque, tests massifs, etc. Autant d’informations que nous avons immédiatement mises à disposition de nos hôpitaux partenaires mais aussi nos confrères de French HealthCare. 
Ainsi, le vendredi 13 mars, en introduction de la 1ère conférence consacrée de notre association consacrée au COVID-19 et quelles actions de soutien nous pourrions apporter collectivement, notre ami le Pr. Li, Président de l’hôpital Taikang de Nanjing dont les équipes de battaient sur le terrain à Wuhan, répondait en visio-conférence, en livrant de précieux enseignements et recommandations. 
Et aussi, des « choses » plus confidentielles à surveiller : par exemple, le niveau des stocks de sang risque de pénurie, lié à la nécessité de garder les poches de sang sous quatorzaine. Information que nous avons aussitôt remontée – discrètement - aux bons décideurs d’Etat. 

AVRIL – JUIN - QUAND LE SUJET DES MASQUES DEVIENT CENTRAL
En parallèle, courant février, nos amis du groupe Aden - belle réussite française en Chine : spécialiste du « facility management high tech », siège à Shanghai et 25 000 collaborateurs présents dans 80 villes majeures chinoises –, nous faisaient part de leur capacité à mettre en place rapidement au profit de la France, une filière fiable et performante d’approvisionnement en masques - plusieurs dizaines de millions par mois - ainsi que des solutions de désinfection « high tech » et autres robots. 
Face à cette situation, nous décidâmes de coordonner nos efforts en obtenant l’aide de la « supply chain » du groupe Taikang et d’un acteur franco-chinois en « joint-venture » avec l’Etat chinois pour la production de masques médicaux, Onixea, nous pûmes acheminer au profit de nos partenaires environ 2 millions de FFP1 et FFP2 au plus fort du pic de la pandémie. 

ET MAINTENANT ?
Le COVID-19 n’est pas encore vaincu : il tue encore, incapacitera pendant encore longtemps les survivants sortant de réanimation, alors qu’aucun test n’est 100% fiable, que les traitements actuels ont des effets limités. Quant à la proche perspective d’un vaccin efficace…
En revanche, la vie a repris. Fin avril en Chine, maintenant en France. 
Ainsi, notre activité historique de « medical travel » est repartie : nous traitons actuellement les premiers dossiers de patients chinois. Leur venue est attendue pour la mi-juillet. 
Et les grands programmes sont relancés – voire accélèrent, tel le programme de « 2nd opinion / 2ème avis médical 4.0» entre le groupe Taikang et l’Institut Curie. Celui-ci marquera l’introduction d’un nouveau type de coopération internationale, « connectée », entre des équipes distantes de plusieurs fuseaux horaires et de cultures médicales différentes.
Mais au global, ce qui restera marquant pour nous et nos amis soignants, ce furent ces jours et nuits passés à faire un métier qui n’était pas le nôtre – approvisionner en matériel médical -. 
Ce fut notre grande fierté d’avoir pu – modestement, par un travail entre nos équipes de Shanghai et de Paris – contribuer à l’amélioration des conditions de protection de nos personnels soignants exposés en faisant leur devoir, avec courage, au péril de leur santé, voire de leur vie. 

Didier Carraud, Vice Président C3Medical